Pablo a écrit :Coucou... un sujet politique !
Je viens de lire un long article sur Nicolas Hulot, le bouquin qu'il vient de publier, son nouvel engagement politique, et le réchauffement de la planète en général avec les catastrophes qu'on prédit. Ca devient de plus en plus dramatique, de plus en plus urgent, d'ailleurs moi je veux bien y croire mais concrètement, au quotidien, je sais pas trop comment réagir.
Je ne vous demande pas un avis politique (sinon on va se frapper encore

) mais juste quelques points de vue personnels : que pensez-vous de tout ca ? Effet d'annonce des médias ou réelle menace ? Jusqu'à quel point : verrons-nous de nos yeux la fin du monde ? Croyez-vous dans le progrès de la science qui pourra tout sauver ? Quelles seraient les solutions pour ... réduire au quart les émissions actuelles tout en gardant le même confort de vie ? etc etc etc
A mon avis, il y a une grande part de buzz autour de la question du réchauffement.
Il est indéniable, que la production de CO2 à partir de combustibles fossiles ne durera pas éternellement, et que les rejets massifs de CO2 dans l'atmosphère ont une influence sur le climat.
Mais ce qui est fortement discutable, c'est la quantification de cette influence. Beaucoup de scientifiques, et non des moindres (Claude Allègre est le plus visible d'entre eux en France) s'accordent pour estimer que les rejets de gaz à effets de serre dûs à l'activité humaine ont une influence négligeable, au regard du réchauffement NATUREL de l'atmosphère.
Il ne faut pas oublier qu'il y a 15 ou 20000 ans, les gens passaient de France en Angleterre à pied sec, sur de la glace, et qu'il n'y avait pas d'eau dans la manche, ni de mer à Bayonne : le niveau des océans était bien moins haut qu'aujourd'hui. Pas de 20cm ou de quelques mètres, comme ce qu'on nous prédit comem élévation, mais de 100 mètres!
Moins loin de nous, il y a moins de 1000 ans, au moyen âge, l'europe a vécu ce que les historiens appellent le "mini-age glaciaire" (ce qui expliquerait d'ailleurs en partie la régression qu'a connu l'europe à ce moment là, par rapport à d'autres civilisations)
Il est avéré que la terre, dans son ensemble, est dans nue phase de réchauffement, depuis longtemps. Que l'activité humaine accélère ce réchauffement, c'est possible, et même fortement probable. Que l'homme, en changeant ses modes de vie, et de consommation, puisse enrayer ce phénomène, à mon avis, c'est illusoire!
Alors on s'alarme, de voir des expèces disparaître, des choses changer...certes, c'est malheureux, et préjudiciable à certains, mais la terre a déjà connu ce genre de catastrophes, sans pour autant que l'homme puisse en être désigné comme responsable.
Je ne suis pas en train de dire qu'il ne faut rien faire, parce que c'est voué à l'échec, je dis qu'il ne faut pas donner de mauvaises raisons.
Limiter sa consommation de pétrole, de gaz, et d'eau, c'est nécessaire, parce que ce sont des denrées rares. Pas parce que ça peut éventuellement retarder de 100 ou même 1000 ans, un changement climatique majeur qui n'a pas besoin de l'homme et de ses bonens intentions pour arriver.
A mon avis, on a intérêt à limiter la conso de pétrole pour éviter que nos enfants aient des maladies respiratoires, plutôt qu'en espérant limiter le réchauffement.
Et non, on ne verra pas la fin du monde!
Sinon, concernant la science qui pourrait sauver quelques trucs, oui, j'y crois!

Je suis (vous l'aurez compris, sans doute), scientifique moi même (même si je ne suis pas spécialiste de la questrion), et je SAIS que la physique (nottament nucléaire) permet d'obtenir de l'énergie propre, et virtuellement illimitée (c'est ce que va s'efforcer de mettre en pratique le projet ITER : la fusion nucléaire)
Pour faire court, les centrales actuelles font de la fission : elles cassent des noyaux lourds d'uranium, ou de plutonium, et obtiennent un dégagement d'énergie, plus des noyaux moins lourds, mais radioactifs, et des neutrons, qui vont casser d'autres noyaux, etc.... La fusion, ça consiste à prendre 2 noyaux légers (de l'hydrogène), et d'en faire un noyau plus lourd (de l'hélium), ce qui dégage de l'énergie. L'avantage, c'est que ça dégage beaucoup plus d'énergie que la fission, qu'on trouve de l'hydrogène partout, et surtout, que l'hélium (et les noyaux plus lourds qu'on peut obtenir de la sorte, c'est à dire tous, jusqu'au fer, qui semble être la limite), ne sont pas radioactifs! Donc, c'est tout bénef. Le problème, c'est que les températures et les pressions à atteindre pour réussir ça sont pour le moment très complexes à atteindre, à tel point que les seules expériences concluentes dans le domaine, ont consommé plus d'énergie qu'elles n'en ont produite!
A mon avis (et c'est pas seulement mon avis, hein), l'avenir de la production énergétique est là. L'éolien, le solaire, tout ça, c'est bien joli, c'est parfait, par exemple, pour un chauffe-eau, une prodution d'appoint, mais pour une production de masse, régulière, et constante, ça ne convient pas (il y a même un type qui a montré que le rendement CO2 de l'éolien est pas loin d'être négatif : la production est trop irrégulière, et nécessite qu'une centrale thermique puisse démarrer à tout moment en cas de besoin!)
Donc, voilà...Pour réduire les émissions, il faut changer de mode de production d'énergie. Actuellement, le seul moyen qu'on a de produire autant d'énergie que ce qu'on consomme en énergie fossile, c'est le nucléaire, et dans une moindre mesure, la biomasse, mais faut pas rêver : pour obtenir des rendements de biomasse intéressants, il faut des grandes surfaces agricoles, des engrais, etc...donc, c'est pas forcément une très bonne solution pour l'environnement non plus...(et au passage, le CO2 relaché par la combustion d'un carburant vert ou d'un arbre, n'a pas la même influence que celui relaché par du pétrole : le carbone du végétal était dans l'atmosphère ou dans le sol avant que le végétal ne pousse, alors que celui qui est dans le pétrole était dans l'atmosphère il y a 200 millions d'années : le cycle du carbone en mode 'vert' est beaucoup plus court qu'en mode 'pétrole'.)
Quand on entend dire que "les brésiliens ont du carburant vert, il n'y a qu'à faire pareil", c'est complètement idiot : ils ont des surfaces immenses, un climat hyper favorable, et de l'eau douce partout! On peut faire du carburant vert en europe, mais le seul végétal comparable à la canne à sucre des Brésiliens, c'est le maïs...qui est accusé (à raison) de consommer beaucoup d'eau...donc, il faut faire un choix... Soit, on met du maïs partout, et on utilise plein d'eau douce pour le faire pousser, soit, on trouve une autre solution.
Enfin voilà, vaste sujet, trop longue réponse qui part dans tous les sens!

L'ennemi est bête : il croit que c'est nous l'ennemi, alors que c'est lui - P. Desproges