Interviews

A l'occasion de la finale du trophée du futur René Le Goff a accepté de répondre à nos questions, cependant cette interview sera la première du site non réalisée par Prof mais par fred qui l'a relayé, puisque Prof n'était malheureusement pas disponible...

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Fred : Merci de nous accorder une nouvelle interview, après celle du mois de septembre, tout d'abord pouvez vous faire un premier bilan de la saison à l'aube des play-offs ?
René Le Goff : Le premier bilan, c'est que ç'a été une saison remarquable sur le plan de l'incertitude, c'est à dire que tous les matchs ont eu leur lot de surprises et on a eu un championnat où toutes les équipes ont été capables de gagner. L'organisateur que je suis est content puisqu'on a vaincu le syndrome des équipes dominantes et on a réussi à faire ce que tous les spécialistes disent comme étant la référence, le match Joey Louis - Max Schmelling, Max Schmelling est mort il y a un mois, donc on peut mainetenant parler de sa mémoire. On a vu cette année Vichy écraser Villeurbanne, deux matchs avant la fin de la saison régulière, Roanne battre Paris lors de la dernière journée et se sauver. Moi j'avoue être ravi sur ce plan là, ravi de voir que les play-offs se présentent sous de bons auspices. En fait on a déplacé le ventre mou, on s'est aperçu que les équipes qui étaient aux alentours de la dixième place se sont battus, pas celles qui étaient 8 ou 9.

Fred : Justement, avez vous un favori pour le titre ?
René Le Goff : Je dois dire que depuis le début et même quand l'équipe était dans la difficulté, je voyais Pau arriver en finale, je maintiens ce que j'ai dit depuis le début, sur un match tout est possible et cela va dépendre de l'équipe qui sera en face d'eux.

Fred : Comme l'avait dit Pierre Seillant, même si la formule change, on devrait retrouver les mêmes au bout...
René Le Goff : Absolument, et je crois que ce sera le bilan qu'on fera, j'anticipe un peu là, mais les valeurs sures on les retrouve toujours. Le président de Bourg qui est avec nous, nous le disait, une équipe qui n'a pas de vécu, sur les phases finales, ou sur le plan européen, est en difficulté. Il nous expliquait que ses joueurs étaient paralysés face à Pau jeudi. Je crois qu'il faut en tenir compte. Le vécu des grandes équipes sera un avantage décisif, et sur ce plan là Pau a un vécu que les autres n'ont pas. En admettant que les Palois passent l'obstacle strasbourgeois, ce qui n'est pas gagné d'avance, le grand match que j'attends avec impatience serait la demi-finale Pau - Villeurbanne car l'ASVEL doit tout faire pour sauver sa place en Euroleague.

Fred : Si elle a lieu...
René Le Goff : On peut penser que c'est dans les hypothèses raisonnables...

Fred : Les Strasbourgeois ne vont pas être très contents... On va passer à la formule des play offs qui a fait couler beaucoup d'encre, notamment la finale en une manche à Paris ; combien de places seront réservées aux supporters des clubs finalistes pour la finale ? et où en est la réservation en ligne ?
René Le Goff : Aujourd'hui on est à 3000 places vendues, sans communication forte avant la coupe de France, on ne voulait pas qu'il y ait d'impact entre les deux événements. Pour les supporters, l'organisateur prévoit qu'il y ait 5 000 spectateurs des équipes finalistes. La difficulté ce n'est pas de réserver les places dans la salle, mais d'organiser les déplacements en une semaine. On peut penser que suivant la proximité par rapport à Paris ça sera plus facile, c'est vrai que quand on vient en autocar comme l'a fait Gravelines pour la coupe de France on peut déplacer 32 cars sans problèmes. Pour Le Mans, deux heures d'autoroutes ce n'est pas un problème, pour Pau ça peut être plus compliqué, mais il y a quand même un avantage, c'est que la veille, le 11 au soir il y a la finale du championnat de Rugby. Pau n'y sera pas, mais Pau c'est l'équipe du Sud-Ouest et le rugby c'est le sport du Sud-Ouest, on peut penser que des supporters du rugby, pourraient venir à Bercy si Pau est en finale...

Fred : La finale de Pro B est prévue en baisser de rideau de celle de Pro A...
René Le Goff : Oui, en fait on a une difficulté d'horaire, lié à France Télévision. Comme le match se fera à 14h, on ne pouvait pas faire la finale de Pro B à 11h30...

Fred : Justement, avez-vous eu des assurances de France télévision au sujet de la publicité en amont du match ?
René Le Goff : Oui, ils se sont exprimés lors de la conférence de presse, via Jean-Philippe Guillin, qui commentera la rencontre avec Richard Dacoury, grâce à l'accord de TPS, ils ont été très sympas sur ce fait. Même si ça n'a pas été facile de convaincre France télévision...

Fred : Comme ils diffusent la finale, pensez vous que la TNT puisse être un débouché pour l'avenir ?
René Le Goff : Le problème que l'on a c'est que le contrat télévision qu'on a c'est avec TPS, si TPS accepte que des matchs soient diffusés sur la TNT il n'y aura pas de problème France 4 est candidate, maintenant ça ne dépend pas de nous, j'avoue que j'ai demandé les droits de retransmissions au président de la Fédération, puisque la LNB n'en a pas la propriété, la réponse a été non, donc il faut lui poser la question à lui...

Fred : Entre les finales de coupe et de championnat de France et le All-Stars Game cela fait 3 des 4 principaux événements du basket français qui se déroulent à Paris, n’est-ce pas trop ?
René Le Goff : Oui, la réponse spontanée est oui, maintenant quand on regarde tous les sports majeurs, dès qu'il y a une finale sèche, elle se déroule à Paris, c'est le problème de la France, pas celui de Paris. On est hyper centralisé par rapport à tous les transports, le vrai problème est là. Est-ce qu'on ne pourrait pas l'imaginer ailleurs ? bien sûr, j'espère qu'il aura de très grandes salles ailleurs, on en a besoin...

Fred : Justement, avec la Superligue pour 2008, certaines villes risquent d'avoir des problèmes comme Gravelines ou Bourg.
René Le Goff : Le maire de Bourg s'est engagé à construire une nouvelle salle... A gravelines j'ai vu les plans, la décision n'est pas prise, ils travaillent dessus, tout ça, ça bouge, dans le bon sens, mais les décisions sont compliquées, la période n'est pas propice à de gros investissements, maintenant si la France a les Jeux olympiques, ce sera plus simple.

Fred : Est-il envisageable qu'il y ait des dérogations ?
René Le Goff : On ne sait pas encore quelle sera la formule donc je ne peux pas faire de réponse à cette question. Au jour d'aujourd'hui, les politiques nous ont rappelé que les Fédérations n'ont pas à imposer des normes qui ne seraient pas applicables, et moi je répète que le problème n'est pas d'imposer mais de convaincre. Car je ne vois pas comment on peut développer le basket professionnel dans une ville si on n'a pas un outil permettant de le développer. Maintenant on peut discuter...

Fred : La LNB a lancé, cette année, un hymne, pensez-vous que les salles de Pro A devraient procéder à des présentations « à l’américaine » (avec jeu de lumière) ?
René Le Goff : Oui, de toutes façons on a un problème majeur, qui est notre communication, notre communication passe par beaucoup de choses et en particulier par le fait d'avoir un standard de haut niveau pour la présentation des équipes, les romains nous l'ont appris, la présentation des gladiateurs c'était quelque chose de parfaitement codifié.

Fred : Passons à un sujet chaud, l'ULEB veut la libre participation, Dominique Juillot a évoqué la présence de 6 Français de souche dans les équipe pro.
René Le Goff : J'étais présent à Barcelone, la semaine prochaine il ya l'assemblée générale de l'Euroleague où cette mesure sera proposée, Pierre Seillant et Gilles Moretton seront à mes côtés. Je ne veux pas d'une règle européenne, je souhaite que l'Europe reconnaisse les règles des pays, et qu'on nous laisse libre de choisir ce qu'on veut, et nous notre choix c'est de dire de continuer sur les quotas de français comme cette année et que sur les 6 autres joueurs on puisse banaliser, tous les non-français.

Fred : Un petit pronostic sur ce match (l'interview ayant eu lieu à la mi-temps de la finale du Trophée du Futur, Le Mans menait 49-27)
René Le Goff : Le Mans va être difficile à rattraper, et à mon avis je pense que les joueurs ressentent la fatigue des ses derniers jours, c'est le troisième match, et on m'a dit que l'entraîneur avait fait tourner plus son effectif que les autres, ce qui peut expliquer la fraîcheur physique...

Fred : Et pour ce soir, Pau- Bourg ?
René Le Goff : C'est Pau, on écarte toutes surprises, je pense que Didier gadou va faire tourner son effectif mais Frédéric sarre va vouloir faire quelque chose à Pau.

Par rapport à la précédente interview, le Président de la LNB a fait de gros progrès en matière de pronostic, puisque les faits lui ont donné raison pour ses deux derniers, il nous reste à attendre une semaine pour savoir si la demi qu'il attend aura lieu...

Fred