Interviews

Ce mois-ci c'est au tour du "prési" Pierre Seillant de répondre aux questions des forumers. Il a reçu Prof vendredi 4 Juin entre les matchs retour et d'appui de la demi-finale du championnat de France, dans son bureau du Palais des sports

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Prof : Tout d'abord, merci d'avoir accepté cette interview, durant laquelle je me ferai l'interprète des forumers de la communauté Fort&Vert. La première question est traditionnelle dans les interviews de notre site : Utilisez vous Internet ?
Pierre Seillant : Moi, personnellement ? Non

Prof : Pourquoi ?
Pierre Seillant : Parce que je n'ai pas eu le temps de m'y mettre, je fais une fixation, un peu là dessus, c'est idiot car on ne peut pas refuser le progrès. Je m'étais mis au fax car il était très utile voire indispensable, comme le téléphone portable, dans la mesure où je suis entouré de gens qui ont tous l'aisance nécessaire pour aller sur Internet, je me fie à ces collaborateurs, mais je pense que cet été je vais m'y mettre...

Prof : Est-ce qu'un de vos collaborateur lit et vous raconte ce qui se passe sur notre forum ou sur d'autres ?
Pierre Seillant : Non, on me fait part plutôt des réactions que nous recevons par mail, parfois on me sort ce qui est écrit sur les sites de la concurrence ou des sites journalistiques, mais pas beaucoup parce qu'on n'a pas trop le temps non plus... En résumé ponctuellement oui.

Prof : Certains joueurs que nous adorons sont détestés ailleurs comme Freddy, Didier, les Pietrus ou plus récemment Cyril (après l'affaire de Dijon), on nous reproche souvent d'être aidés par l'arbitrage, on vous reproche, personnellement, d'avoir trop d'influence à la fédé, on reproche en général aux supporters palois de manquer de modestie, que pensez vous de tout ça ?
Pierre Seillant : Je pense que toute médaille a son revers, et on dit aussi que c'est la rançon de la gloire. Ce n'est le cas que d'une minorité, la jalousie ça existe partout, et j'ai l'habitude dire qu'il vaut mieux faire envie que pitié, et c'est un petit peu le cas. Me concernant, ce n'est pas auprès de la fédé qu'on dit que j'ai de l'influence mais auprès de la Ligue, c'est normal, j'en suis le vice-président, je représente tous les clubs de pro A, il est normal que je puisse travailler à faire en sorte que le basket suive le modèle le meilleur et aille dans le sens d'une meilleure organisation et d'une meilleure économie. Après de là à dire que je fais la pluie et le beau temps, c'est une insulte pour les autres et même pour moi puisque ce n'est pas du tout le cas. Maintenant quand j'ai quelque chose à dire je le dis, et si parfois ce que je dis parait assez sensé et que c'est écouté, ça veut dire aussi que je participe comme je le dois.

Prof : Est-ce que vous pensez qu'il y a un moyen d'améliorer notre image chez nos concurrents de pro A ?
Pierre Seillant : Mais l'image n'est pas mauvaise, partout où l'on passe on fait le plein et deux fois sur trois on est respecté. Il y a deux ou trois salles où on est un peu hué, mais c'est plus une affaire de personnes, de dirigeants, quand on va jouer au Mans ou à Gravelines on n'a pas de problèmes, on a affaire à des gens responsables. Il y a deux ou trois salles où c'est un peu plus compliqué. On est toujours face à des David qui veulent battre le Goliath, que l'on est ou qu'on semble être. C'est comme ça et ça l'a toujours été. Quand Marseille ou Paris, en foot, vont jouer quelque part ils ne sont pas toujours applaudis, quand Toulouse va gagner en rugby un peu partout, il y a des fois où on les siffle comme à Biarritz la semaine dernière. Je crois qu'il faut accepter d'être jalousé, d'être un peu villipendé, mais ça nous passe un peu au-dessus de la tête. On sait qu'il faut avancer et comme disait l'autre le chien aboie, la caravane passe.

Prof : Savez vous comment vous surnomment les supporters de l'ASVEL sur leur forum ?
Pierre Seillant : Non

Prof : Maïté
Pierre Seillant : Alors ça, c'est pas d'eux, le prénom est parti de Marc Lefevre, l'ancien président, qui est un très bon ami, et qui l'est resté d'ailleurs, et qui a toujours dit : "Pierre Seillant, c'est Maïté, avec lui on ne s'ennuie jamais, il nous fait rigoler, il est toujours de bonne humeur". C'est donc parti de lui et de son livre qu'il a fait sur le basket et ses années à l'ASVEL et ça part d'un très bon sentiment. C'est donc très bien si les supporters m'appellent ainsi. Je l'apprends et pas avec déplaisir puisque Maïté est une amie.

Prof : Vous souvenez vous de la première fratrie ayant foulé la moquette de la Moutète lorsque le club débutait ses premières campagnes européennes ?
Pierre Seillant : La première fratrie ? les frères Pages, je pense.

Prof : En fait la question porte sur les campagnes Européennes.
Pierre Seillant : Ah non alors ça doit être les frêres Gadou ou les Laperche

Prof : Celui qui nous a soumis cette question pensait aux frères Lamarque.
Pierre Seillant : Ah non on n'était pas Européens à ce moment là, on l'a été en 77-78 donc je ne pense pas que Bernard ait joué en Coupe d'Europe, mais peut-être qu'une année ils ont joué ensemble.(ndlr : la discussion a ici été raccourcie mais que Kinder64, auteur de la question vérifie ses sources, car le Prési ne semble pas d'accord avec la réponse proposée)

Prof : Le Mans : plaisir de voir arriver un peu de neuf, ou au contraire il s'agit d'un nouveau concurrent à battre dans le futur pour le titre ?
Pierre Seillant : Ce sera surement un concurrent, comme l'ont été à une certaine époque Antibes, ou Limoges, et comme l'est encore et le sera probablement Villeurbanne, il faut bien avoir des concurrents. Ce qui se trouve c'est que depuis 20 ans nous sommes le dénominateur commun. C'est toujours Pau contre quelqu'un d'autre, on a gagné 8 titres en quinze ans et on a fait je crois 5 ou 6 finales de plus. Donc Pau est constant dans le temps, je dis toujours que l'art c'est de durer et là on dure depuis très longtemps au plus haut niveau et on voit de nouveaux adversaires qui arrivent, pourquoi pas demain, Le Mans, après demain Strasbourg ou Paris. L'essentiel c'est que nous, on y soit, maintenant il n'est pas souhaitable, ni possible d'ailleurs, d'être Champion de France tous les ans, il faut bien que les supporters Palois et Paloises se fassent à cette idée. D'abord ce serait malsain pour le basket, malsain pour nous car financièrement on pourrait ne pas s'en relever. Je pense qu'il faut prendre ce qui passe, en sachant que l'idéal n'est pas de gagner tous les ans, mais que tous les clubs qui ont gagné pendant très très longtemps ont tôt ou tard disparu, on n'a pas envie de disparaitre, ça passe forcément par des saisons un peu moins fournies en titre que d'autres, l'essentiel est de rester au plus haut niveau pendant très longtemps.

Prof : L'Asvel a laissé entendre dans un communiqué de presse il y a quelques semaines, suite à la polémique médiatique sur "Le Mans en Euroligue", qu'elle ne comprenait pas votre changement d'avis en cours de saison concernant l'attribution de la 2ème place...
Pierre Seillant : Mais je n'ai pas changé d'avis. C'est le règlement qui a été mal interprété au début, j'ai simplement dit que la Ligue, dont je fais partie, avait mal interprété le règlement. Moi je ne m'en étais pas occupé, c'était pendant l'été, quand il y a eu changement de bureau, il y a eu un nouveau président, Le Mans, à ce moment là s'est aperçu qu'ils étaient premier et qu'ils n'auraient pas de place en Euroleague donc ils ont posé la question. A partir du moment où ils ont posé la question, chacun s'est dit, nom d'un chien on a fait une erreur. Et puis c'est tout, à partir de là j'ai expliqué que le ranking ne servait que pour donner le ticket pour trois ans. Nous on en a pour deux ans encore et dans deux ans le ranking concernera la saison en cours et les deux qui vont venir et là le club français qui aura le plus de points sur les trois compétitions (Phase régulière, play offs et coupe de France) aura trois ans garantis. Mais la deuxième place ne peut pas être attribuée en fonction du ranking. Pendant l'été on a laissé passer ça. Villeurbanne avait raison au plan du droit, mais au plan de l'esprit, c'est pas normal qu'un club qui finit 11ème ou 12ème du championnat puisse aller en Euroleague, maintenant ils ont le droit pour eux, il se passera ce qui se passera, si on n'est pas champion, ils n'iront pas en Euroleague.

Prof : Le final four est-il si utopique que ça ? Quand on voit qu'on a perdu d'un point contre Bologne à la maison, de 6 chez eux alors qu'on était devant pendant 30 minutes...
Pierre Seillant : (coupant la parole) 39 minutes.

Prof : (reprend en rectifiant) Est-ce qu'il n'y avait pas une petite chance avec un bon renfort US ?
Pierre Seillant : Non, d'abord le bon renfort US on ne pouvait pas l'avoir, on avait pas mal d'internationnaux donc on n'avait pas les moyens de prendre en plus un bon US, sans quoi on s'appelle Bologne ou Madrid, même si la Virtus Bologne a disparu et a fait faillite et si Madrid n'était pas qualifié et ne le sera pas l'an prochain. On avait un budget serré, je crois que le problème qui nous a handicapé c'est les blessures, sans ces blessures là on aurait pu faire un petit mieux mais enfin, la mariée est déjà très belle, on est dans les douze meilleurs clubs européens cette année, sur plus de 300 clubs en Europe. Je dis que c'est magnifique et qu'il sera difficile de refaire la même chose dans les années qui viennent, pas impossible mais très difficile, je signe des deux mains si on me dit l'an prochain vous serez dans le Top 16.

Prof : Rigaudeau ayant fini sa saison, avez-vous pensé à lui pour remplacer Dragan pour les play-offs ?
Pierre Seillant : Non, Rigaudeau ne jouera plus en France, sauf en Equipe de France.

Prof : En l'état actuel des choses, êtes vous satisfait du changement d'entraineur en cours de saison ou avez-vous eu confirmation que le mal venait plutôt des joueurs ?
Pierre Seillant : Non je crois que l'équipe n'a peut-être pas été faite comme il fallait tout à fait en début de saison. Et là dans ce cas c'est le staff, l'entraîneur en chef et puis moi-même d'ailleurs, qui sommes en cause. Dans la mesure où j'ai quand même écouté la direction technique du club, mais je crois que l'arrivée de Didier Gadou sera positive très rapidement, de toutes façons c'est lui qui devait prendre l'équipe au 1er juillet, on n'a fait qu'anticiper, parceque je savais très bien et lui aussi savait que c'était prévu. Mais on craignait que l'équipe aille de mal en pis, c'est pas le cas aujourd'hui, puisqu'on est là et bien là, et si on va en finale (ndlr : l'interview a eu lieu la veille du match d'appui) on aura fait les deux finales nationales, on aurait été au Top 16 ce qui fait que Fred Sarre et Didier auront, chacun de leur côté apporté ce qu'ils devaient apporter. Fred Sarre est parti aussi pour des raisons, purement humaine, il n'a pas su entrer en conflit avec les joueurs ce que Didier Gadou sait faire. Maintenant peut-être que la méthode Gadou aura ses limites, mais pour l'instant, je pense qu'il arrive à concilier ses qualités avec celles qu'avait Fred. Quant à Fred je suis persuadé qu'il réussira ailleurs, s'il écoute les remarques qu'on lui a fait, moi en particulier je lui ai expliqué ce qu'il devrait faire et ne pas faire et à partir de là, s'il tire les leçons de son passage à Pau, il devrait faire une belle carrière derrière.

Prof : Comment pensez-vous vous dépétrer du cas Skelin ?
Pierre Seillant : C'est mon problème, je n'entrerai pas dans les détails ici...

Prof : Avec le depart de Claude Bergeaud, l'EBPO n'a-t-il pas mis cette saison son scouting de prospects, surtout au niveau des européens, en retrait par rapport à la concurrence ?
Pierre Seillant : Non, non, pas tellement, Claude était surtout au niveau des jeunes, et pendant l'année où il a été là, il a permis à plusieurs jeunes de nous rejoindre ici, on a maintenant des jeunes pour les trois prochaines années, on a plusieurs jeunes de talents et on ne peut pas tous les prendre, sinon ce serait au détriment des autres et nous ça ne nous servirait à rien si ce n'est pas pour les faire jouer. Il y a des clubs qui en prennent beaucoup à la fois mais aucun ne sort, nous on préfère en prendre peu et en faire sortir. Claude a fait ce qu'il avait à faire de ce côté là, maintenant il a été appelé à d'autres destinées, mais il n'a jamais fait de scouting sur les seniors.

Prof : Il semble que nous avons du mal a denicher des bons coups pour les renforts etrangers de l'equipe pro.
Pierre Seillant : Il ne faut pas tenir ce raisonnement, j'ai toujours dit que les étrangers étaient là pour faire le complément de l'équipe, je mets l'accent sur les Français et sur les européens et on peut très bien jouer sans américain, il y a des équipes en Europe qui n'ont pas d'américain. Il ne faut pas focaliser sur les américains, aujourd'hui les meilleurs restent là bas, après ils vont en Italie, Espagne ou Grèce, nous on fait partie du deuxième voire du troisième marché, ou alors on prends des débutants ou des vieilles carnes et ce n'est pas bien non plus. Je crois que ce qu'on fait est très bien, favoriser le recrutement européen et après on ajoute une ou deux pièces étrangères, de toute façon on n'a pas assez d'argent pour payer tout le monde alors on a fait le choix du communautaire.

Prof : Devant la bonne saison effectuée par l'Elan ( et c'est pas fini), et l'excellente saison des filles de Valenciennes... Avez-vous déjà pensé à diriger un club de filles?
Pierre Seillant : non

Prof : Une loi sur le sport est en préparation, le ministre a parlé de l'automne prochain pour son adoption. Des aménagements y sont prévus concernant le droit à l'image et l'épargne salariale pour les joueurs. En connaissez-vous les grandes lignes ?
Pierre Seillant : On en parle depuis longtemps et rien n'arrive donc je suis très suspicieux vis-à-vis de ce projet de loi. Quand il sera présenté je m'y intéresserai, il y a le droit à l'image mais il y a aussi la taxe pour les spectacles, qui est lourde à payer, on préfèrerait être soumis à la TVA pour toutes nos recettes et nos dépenses, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. C'est plus ça qui m'intéresse que le reste. Le droit à l'image c'est bien aussi mais ce sera forcément limité. Pour en revenir aux filles, j'ai dit non, mais quelque part au fond de moi même je regrette un petit peu, ça ne m'aurait franchement pas déplu, mais ici dans le coin il n'y a pas d'équipe de standing à part Tarbes.

Prof : Dans quelle mesure cette nouvelle loi pourrait aider un club comme l'Elan dans la concurrence européenne ?
Pierre Seillant : Pfff, de toutes façons, quellle que soit la loi elle ne peut aller que dans le sens d'une amélioration, mais pas pour autant dans le sens d'une égalité avec les autres pays européens. En fait l'Europe n'est pas faite du tout, elle est faite sans l'être. Elle sera faite le jour où on aura les mêmes lois fiscales et sociales ce qui est loin d'être le cas et à mon avis je ne verrai jamais ça. Je crois que je serai par six pieds sous terre le jour où on aura les problèmes réglés en matière de fiscalité ce qui n'est pas le cas aujourd'hui loin de là. Donc, ces mesures, si elles surgissent ne feront qu'aténuer un petit peu la situation d'aujourd'hui, mais grosso modo, les joueurs français pensent à partir de France et il y en a pour un moment. On n'est pas prêt d'inverser la tendance mais enfin attendons avant de porter un jugement définitif.

Prof : Il a été annoncé une augmentation du capital de la SEM, avec Mike comme actionnaire. Cela a-t-il une influence directe sur la masse salariale de la saison prochaine ?
Pierre Seillant : Non, absolument pas, c'est pour augmenter un peu les fonds propres, parce que nous on voudrait avoir une réserve dans les deux ou trois ans. La masse salariale sera, quoiqu'il arrive diminuée l'an prochain.

Prof : Au niveau du sponsoring, va-t-il y avoir des changements, des nouveaux partenaires ?
Pierre Seillant : On n'en sait rien, c'est trop tôt pour en parler.

Prof : La saison prochaine sera-t-elle une année de transition, avec un nouveau projet jeune ou est-ce-que l'Elan profitera de ses bénéfices, (visiblement) plus elevés que d'habitude...
Pierre Seillant : Non on n'a pas de bénéfices cette année, on a des pertes.

Prof : Même avec la troisième place dans la poule du top 16 ?
Pierre Seillant : Le top 16, il nous a couté de l'argent cette année, il va peut-être nous rapporter un peu plus de droits TV mais moins que ce qu'on pensait.

Prof : On s'orienterait donc plus vers une année "jeunes" ?
Pierre Seillant : oui, il y aura 4 jeunes sur douze joueurs, et ce sera un projet qui ressemblera un peu à celui de 99, avec les frères Piétrus, Drozdov et Diaw qui étaient très jeunes. On va s'orienter vers une équipe au visage un peu différent effectivement, globalement on va rajeunir.

Prof : Où en est-on avec Cissé ?
Pierre Seillant : C'est en cours, pour tout le monde, il devrait décider ce week-end.

Prof : Et Aka, vu au Palais lors de la venue de Paris ?
Pierre Seillant : C'est en cours également, il semble vouloir venir à Pau, et on travaille là dessus.

Prof : Et pouvez-vous nous donner des noms supplémentaires ?
Pierre Seillant : Non

Prof : C'est bien ce que nous pensions.
Pierre Seillant : En fait c'est trop tôt, on ne sait pas ce que va faire Florent, on ne sait pas ce que va faire Julian. Pour l'instant on n'en parle pas tant que les play-offs ne sont pas finis, après on en discutera avec les uns et les autres. De toutes façons, avant juillet on ne saura pas grand chose.

Prof : Bergeaud et Commères, deux pointures de la formation partent du club: allez-vous les remplacer par de nouvelles personnes avec de l'expérience dans ce domaine ?
Pierre Seillant : En matière de formation on a Paco Laulhé et Laurent Vila qui sont très bien pour ça. On remplace Claude Bergeaud en tant que directeur du Centre de Formation par Corinne Chevallier, qui est actuellement au Prytanée Sportif, Didier Gadou aura l'oeil et la main sur le centre de formation, avec son nouvel assistant Mopsus qui arrive. Il s'agit d'un excellent entraîneur et excellent pédagogue. Il y aura assez de monde pour s'occuper du centre de formation. En fait le seul qu'on ne remplace pas s'est Didier Gadou puisqu'il n'y aura que deux entraîneurs sur le banc plus Paul Henderson.

Prof : Combien y aura-t-il d'américains dans l'effectif la saison prochaine ? 0, 1 ou 2 ?
Pierre Seillant : On peut penser qu'il y en aura deux.

Prof : Et à quels postes ?
Pierre Seillant : C'est trop tôt...

Prof : Comment analysez-vous la saison de Dragan et quelles sont les raisons de son remplacement la saison prochaine ?
Pierre Seillant : D'abord rien n'est fait, je trouve bizarre que tout le monde dise qu'il va s'en aller, aujourd'hui il est blessé pour plusieurs mois, c'est plutôt ça le problème. Après on va le rencontrer début juillet, puisqu'il va rester ici, il s'est fait opérer et va être ici jusqu'au mois de septembre, on verra d'ici là comment ça évolue, et puis il devra je pense, avoir une discussion avec Didier Gadou, donc trop tôt pour parler de tout ça, en tout cas il n'est pas sûr de rester mais il n'est pas sûr de partir non plus.

Prof : Et sa saison, vous l'analysez comment ?
Pierre Seillant : Sa saison a été bonne, il a malheureusement été victime d'un staphylocoque doré, au pied, qui l'a handicapé pendant deux mois, et Dragan quand il perd un peu ses moyens physiques il perd un petit peu la tête, il s'énerve, il est agacé, grosso modo, si on en est là où on en est c'est qu'il a été bon.

Prof : Pensez vous que Nicevic est financièrement recrutable pour l'Elan ou plutôt pour un grand club européen ?
Pierre Seillant : Personne chez nous ne pense à Nicevic

Prof : Doit-on s'attendre au départ de Cyril, Flo et Mate ?
Pierre Seillant : Normalement, Julian peut partir, il est en fin de contrat, Florent veut partir, il a une clause, Mate c'est un peu différent il a un an de contrat mais je pense qu'il ira exercer ses talents dans un championnat où il sera un peu mieux arbitré et dans un contexte différent. Même si rien n'est définitif. Florent a dit : "ce sera la NBA ou Pau" donc moi je ne me pose pas de questions pour l'instant.

Prof : Pour le reste des intérieurs, on sait que Johan reste, et Fabien ?
Pierre Seillant : Johan va rester quant à Fabien c'est l'inconnue, il faudra demander ça à Didier Gadou.

Prof : A l'inter-saison dernière, vous avez approché M. Gelabale. Est-ce toujours d'actualité ?
Pierre Seillant : Non, il nous a laissé sur notre faim...

Prof : Est-ce vrai que Danny Strong était sur le point de signer à l'Elan pour la prochaine saison avant sa blessure au tendon d'achille ?
Pierre Seillant : On était en contact mais sans plus, on n'avait pas parlé, on lui a fait un petit signe, il nous a dit on verra en fin de saison, il n'était pas contre le fait de venir mais là malheureusement pour lui et peut-être pour nous ce n'est pas possible.

Prof : Sciarra à Pau: est-ce envisageable malgré ses déclarations à l'emporte pièce de la saison derrière et vu qu'il a l'air de s'être calmé et de moins l'ouvrir qu'avant ?
Pierre Seillant : Sciarra on le connait, on me connait aussi, les mots ça n'a jamais tué personne, moi je pense que tout est envisageable, mais en l'état il est sous contrat avec Paris, mais plus le temps passe et plus ce sera difficile.

Prof : Seriez-vous prêt à tenter ce pari si Didier vous le demandait ?
Pierre Seillant : Why not ? (ndlr : pour les non anglophones, cela signifie pourquoi pas)

Prof : Après le fabuleux triplé de 2003, l'Elan peut-il un jour espérer le refaire ?
Pierre Seillant : On peut toujours espérer, mais ce sera très difficile, parce que on a eu là une équipe exceptionnelle, d'ailleurs Sellers est parti en Italie dans la foulée et puis on a eu deux joueurs qui sont partis en NBA, on n'aura pas tous les ans deux gars qui partiront en NBA, c'était une année exceptionnelle et il faut que ça le reste, sinon on va lasser tout le monde y compris nous même.

Prof : Lolo Foirest va-t-il rester à l'Elan ou les espagnols peuvent-ils nous le reprendre, vu sa bonne saison en Euroleague ?
Pierre Seillant : Non il est sous contrat.

Prof : En parlant de Lolo, peut-on envisager d'autres retours à l'Elan, style Rigaudeau ou Risacher ou Sonko?
Pierre Seillant : Non, aucun des trois

Prof : Allez-vous charmer Koko Archibong (comme un Carter ou un Henderson) et essayer de le prolonger ou le laisser filer retenter sa chance en NBA ou dans un autre club?
Pierre Seillant : Pour l'instant il joue avec nous, on ne lui a pas parlé, on lui parlera un peu plus tard...

Prof : Que pensez-vous des accords de Cotonou au niveau du basket français, et du statut que ça engendrerait ?
Pierre Seillant : Je pense que tôt ou tard il va falloir qu'on y passe, il n'y a pas de raison que dans la vie de tous les jours les gens puissent travailler et circuler librement en Europe et ne pas joueur au basket. Le football l'a adopté, le rugby aussi, je crois qu'on va trouver un modus vivendi, on ne voudrait pas être envahi, notamment pas les jeunes africains, d'ailleurs je crois que l'Etat sera très vigilant à ça. Je pense qu'on va s'orienter vers un Cotonou par Club.

Prof : Est-ce que vous pensez que ça pourrait permettre de garder Koko ?
Pierre Seillant : Koko n'est pas Cotonou, il est américain. Contrairement à ce qu'on pense il n'est pas Cotonou. Il n'a jamais été Nigérian.

Prof : Que pensez-vous de joueurs comme Rick Hughes ou Rico Hill, très bons niveau basket mais avec une mentalité de mercenaire ? Pourrait-on les voir à Pau ?
Pierre Seillant : Non

Prof : La consideration de "l'humain" tient une place particulière à l'EBPO qui est pourtant un club phare en France et même en Europe en matière de structure professionnelle. Comment peut-on faire perdurer cette alchimie dans l'avenir quand vous n'en serez plus le garant ?
Pierre Seillant : Je ne peux répondre que pour moi, mais tant que je resterai là, ça restera comme ça. On peut concilier l'ambition tout en restant affectif. Les joueurs ne sont pas des robots, je les aime beaucoup, avec leurs forces et leurs faiblesses. Quand leurs forces s'exercent c'est tout bénéfice pour le club, quand ça va pas on monte au créneau, on essaye d'expliquer en faisant appel à leurs vertus intérieures, pas en menaçant, on essaye de persuader, de convaincre parce que ce n'est pas facile d'être concentré toute l'année, surtout quand on est champion, car on est attendu partout comme au coin d'un bois, mais je pense, qu'avec ou sans moi, il faudra conserver un certain état d'esprit dans ce club qui se rapprochera toujours de l'esprit de famille.

Prof : Y-a-t'il des règles d'or d'éthique intra-muros clairement définies?
Pierre Seillant : Il y a un règlement intérieur, et il y a surtout des attitudes à avoir, surtout quand on se déplace. Partout où on passe les restaurateurs et les hôteliers se félicitent de la tenue de nos joueurs.

Prof : Que pensez-vous de la nouvelle donne à Paris avec l'arrivée de Parker et son agent à la direction du club?
Pierre Seillant : Joker

Prof : Il y avait une question complémentaire : Est-ce la menace d'un rival sérieux pour la place en Euroleague ?
Pierre Seillant : Je l'espère, enfin pour les deux ans qui viennent c'est nous qui y sommes après on verra. Mais depuis le temps qu'on parle d'un grand club à Paris il faudra bien qu'un jour ça se produise, pour l'instant ils en sont au stade des intentions et des mots, et depuis que je suis dans le basket, ça a toujours été comme ça.

Prof : Comment analysez-vous les déboires de l'ASVEL cette année ?
Pierre Seillant : J'en sais rien, je pense qu'il s'agit d'un mauvais management, d'en haut, jusqu'en bas. il y a eu un discours assez flou, moi je n'aurais jamais parlé d'un ambition en 2008, les supporters ce n'est pas ça qu'ils attendent, ils veulent du court terme voire à moyen terme. 2008, quand on est en 2003 ça fait loin, faire patienter les sponsors pendant 5 ans, moi je ne sais pas faire. Mais c'est le problème de l'ASVEL, je pense qu'ils vont redresser la barre et prendre en considération les conséquences de leur mauvais management.

Prof : Pour vous est-ce plus un accident que le résultat de l'incompétence de leurs dirigeants actuels ?
Pierre Seillant : Je n'en sais rien, ce qui est certain c'est que ça ne va pas durer. S'il y avait une deuxième saison comme ça, là on pourrait parler de mauvais management, je dis toujours qu'on peut se tromper, ils se sont trompés cette année, errare humanum est, perseverare diabolicum ( ndlr : n'étant pas latiniste je ne garantis pas l'orthographe, après tout, c'est la troisième langue utilisée dans cette interview) pour l'instant il ne faut pas les condamner au bénéfice du doute et je reste persuadé que l'an procain ils auront un comportement totalement différent.

Prof : Un effondrement comme ça peut-il nous arriver?
Pierre Seillant : Dans l'état actuel des choses, non, compte tenu des joueurs qu'on a, du management qu'on a adopté, de la transition, des coutumes, de l'esprit qu'on a ici,des structures que l'on a égalementça me semble, au moins pour le court terme, hors de question que l'on s'effondre comme ça. Mais à terme, si on doit regresser je pense que cela se fera progressivement. Je ne pense pas qu'on puisse avoir une saison aussi merdique que la leur. D'ailleurs on en a parlé avec Moretton, il m'a posé la question, je lui ai dit non, on a eu de mauvaises saisons, mais comme vous jamais. C'est un accident je pense.

Prof : La saison prochaine, va-t-on avoir comme cette année, le championnat sur TPS et l'Euroleague sur Sport+?
Pierre Seillant : oui

Prof : Quel est votre sentiment sur le fait que le basket ait signé avec TPS ?
Pierre Seillant : Moi je pense que TPS a l'ambition de promouvoir le basket dans le temps, ils savent très bien que la première année est une année pour voir, et à partir de la deuxième année ils espèrent pouvoir récolter les fruits de leur investissement, je crois qu'ils progressent en nombre d'abonnés, et puis on est pour eux un produit d'appel puisqu'ils ont peu de football, pas de rugby. Je pense qu'avec le temps ils vont s'implanter dans le paysage audiovisuel et le basket avec eux.

Prof : Est-il envisageable un retour sur Canal Satellite ?
Pierre Seillant : Dans la vie on m'a dit , il ne faut jamais dire ni jamais ni toujours. On peut penser que c'est chose possible, maintenant je ne pense pas que TPS ait l'intention de partir du basket.

Prof : Que manque-t-il actuellement au basket pour rebondir médiatiquement ?
Pierre Seillant : Il faudrait un peu plus de médiation hertzienne, Stade 2 quand on en parle c'est toujours en coup de vent, et puis il faudrait que l'Equipe de France ait de bons résultats, que les clubs européens aient de bons résultats, c'est beaucoup d'ingrédients qu'il est difficile de réunir en même temps. D'autant plus qu'on perd nos meilleurs joueurs qui vont jouer à l'étranger, c'est un petit peu comme le chien qui veut se mordre la queue, c'est difficile.

Prof : Quel est le niveau des commentateurs (Dacoury et Normand) ?
Pierre Seillant : bon

Prof : Et Valérie Amarou (la fille sur le terrain...) pose-t-elle des questions vraiment pertinentes ?
Pierre Seillant : Elle a beaucoup progressé, elle a pris ça au pied levé, au départ c'était Yannick Souvré qui devait le faire, alors que Valérie est arrivée là un peu comme un cheveu sur la soupe, mais bon elle se débrouille pas trop mal, je dirais même qu'elle se débrouille bien. Elle commence à connaitre un petit peu les joueurs, elle commence à comprendre un petit peu le monde du basket, ce qui n'est pas facile et puis c'est une fille très souriante, très agréable à voir, donc ce n'est pas mauvais pour la chaine d'avoir une telle collaboratrice.

Prof : Qu'en est-il de l'affaire Terry Catledge? le procès a-t-il eu lieu?
Pierre Seillant : Non, tout est parti aux oubliettes.

Prof : Vous aviez dit que la 3° place de la poule Top 16 nous rapporterait plus d'argent de l'Euroleague. A combien peut-on évaluer ce bonnus financier?
Pierre Seillant : Non contrairement à ce que je pensais ce ne sera pas le cas, il y a moins de ressources télévisuelles qu'on imaginait donc, en réalité le Top 16 ne nous a rien rapporté, sauf à démontrer au monde du basket européen qu'on avait largement notre place. Et on l'a prouvé jusqu'au dernier jour.

Prof : Si on ne joue pas l'Euroleague une année, de combien est le manque à gagner en droit TV ?
Pierre Seillant : Important pour les droits TV mais aussi pour les abonnements, pour le marketing, si on ne jouait pas l'Euroleague il faudrait au moins jouer l'ULEB. Si on n'était pas en coupe d'europe du tout ça poserait problème.

Prof : Un nouveau club de supporters veut se monter : quel est votre avis sur cette démarche ?
Pierre Seillant : Moi je trouve que plus on est de fous, plus on rit. Ils sont jeunes, ça s'arrête à 25 ans, ils vont avoir un comportement un peu différent des supporters traditionnels, c'est pas mauvais, d'ailleurs tout le monde a bien compris que ce n'est pas pour s'opposer aux Peones, c'est pour compléter. Ils ne seront pas situés aux mêmes endroits, ce sera un plus pour l'animation. J'espère que ça fonctionnera, en tout cas il n'est pas du tout dans leurs intentions de concurrencer les peones, ni de les écarter, ni de les pousser, simplement ils s'accompagneront mutuellement les uns les autres pour le bien du club.

Prof : D'aprés vous, est-il plus dur de stopper Clarence Kea, Marcus Webb ou Mike Piétrus (lancé à pleine vitesse) ?
Pierre Seillant : Si c'est pour rattraper quelqu'un Michael on ne peut pas, maintenant pour stopper, Marcus Webb devant Clarence Kea et devant Michael. Clarence Kea c'est quelque chose, je suis bien placé pour le savoir, Marcus Webb c'est quand même un bestiau.

Prof : Kinder64, un de nos forumer, demande s'il pourrait prendre les maillots NBA de Piétrus et de Diaw accrochés dans le couloir ?
Pierre Seillant : Non, bien sur que non...

Prof : Pouvez-vous le renseigner sur l'éventualité de trouver ces maillots en vente bientôt dans les boutiques de l'Elan ?
Pierre Seillant : Pour l'instant, c'est pas possible, parce qu'il faudrait avoir un accord avec la NBA, on va voir ça pendant l'été. C'est envisageable car on va changer de mode de gestion des boutiques et peut être qu'on va s'orienter un peu vers la NBA.

Prof : Combien avez-vous de garçons sachant que les Gadou, Hufnagel, Carter sont devenus vos enfants de coeur ?
Pierre Seillant : (il réfléchit un petit moment avant de répondre) J'en ai beaucoup de garçons, je ne les ai pas compté.

Prof : Combien de joueurs vous appelent "Papa" (en Landais, Serbe, Roumain, ou Guadeloupéen par exemple) ?(devant son air songeur prof rajoute : ) presqu'autant ?
Pierre Seillant : Non. Autrefois, c'était le cas avec Mathieu Bisséni, Michael a dit un jour ça aussi à la radio. Ce qui est certain c'est qu'au début de ma carrière j'étais le grand frère, après je suis devenu le père, et maintenant je suis pratiquement le grand père. C'est la réalité mais ça m'emmerderait qu'on m'appelle grand papa quand même.

Prof : Le parquet de la Moutête sera-t-il mis en vente comme le fut la moquette ?
Pierre Seillant : Je ne le sais pas il faudrait demander à la mairie d'Orthez.

Prof : Combien de demandes ou d'offres de joueurs recevez-vous par semaine ? Comment cela se passe t'il ?
Pierre Seillant : Je ne compte pas, dans tout ce qu'on reçoit il y en a très peu qu'on retient et lorsqu'un joueur semble intéresser l'entraîneur on prend contact avec l'agent et puis on discute, mais avant de décider il faut passer par divers stades, en réalité on a déjà ciblé ce dont on a besoin, et on écarte systématiquement 90 % des candidatures.

Prof : Le club est-il reconnu en NBA par certaines franchises comme un excellent formateur et de même serait-il possible qu'une équipe NBA vous propose le prêt d'un joueur afin de compléter sa formation européenne ?
Pierre Seillant : Oui pour la première partie de la question, quant à la seconde c'est possible mais on ne l'a pas envisagé pour l'instant.

Prof : Que pensez-vous du projet de réaménagement de la Moutête ?
Pierre Seillant : Je pense que c'est un bon projet puisque la Moutete telle qu'elle était, aurait fini par être bouclée en raison de sa vétusté, là aujourd'hui on ne peut pas y faire un match de basket, par manque de sécurité, les murs et le toit s'esquintent, les peintures intérieures n'en parlons pas, il fallait ou le rénover ou faire disparaitre ce batiment. Il a été décidé d'en faire des halles, la Moutète va donc revenir à sa destination originelle, à savoir le marché. On fera le marché tous les jours, il y aura des halles ouvertes, et entre parenthèses on mettra une boutique de l'Elan avec notre centre de location et un petit musée avec plein de fanions, plein de photos. Les gens passeront par là, ce sera un petit pélerinage à la Moutète. Moi, je trouve ça très bien, maintenant ce n'est pas l'avis de tout le monde mais enfin, peu importe, ça été décidé par le conseil municipal, ce sera fait je crois que le centre Orthézien va être revitalisé, ce sera agréable d'aller à pied de la Moutête à la salle Francis Planté et vice-versa.

Prof : En France, les charges fiscales sont plus importantes que dans les autres pays européens ce qui limite l'arrivée de joueurs de gros impacts sur notre sol. Mais ne pensez-vous pas qu'un groupe solidaire et unis (comme l'élan de 96 ou 2001) n'est pas plus motivé et meilleur qu'une équipe remplie de stars ?
Pierre Seillant : On a toujours battu des équipes pleines de stars, mais par les temps qui courent aujourd'hui ce sont ces équipes là qui gagnent. Les joueurs gagnent de l'argent mais de plus en plus ils cherchent des titres, pour mieux se monnayer par la suite, et on trouve de plus en plus d'entraîneurs qui arrivent à faire la loi quand même. Aujourd'hui, les plus gros budget, avec les meilleurs joueurs sont au bout, au final four, Maccabi, Moscou, on retrouve toujours les mêmes, il n'y a pas de secret, quand on a les meilleurs joueurs, deux fois sur trois on réussit, la troisième fois, ça peut arriver, on peut se planter, enfin nous on n'a jamais eu d'équipes comparables à celles de Barcelone ou Madrid, par contre, on a su tirer le maximum de tous nos effectifs, je dis des fois en rigolant, on est comme mini mir, on fait le maximum avec le minimum.

Prof : Vous interressez-vous beaucoup à d'autres sports ?
Pierre Seillant : Oui, d'abord le rugby, ensuite le foot, le tennis, c'est à peu près tout.

Prof : La 1ère place de parking au Palais est celle de Mr Seillant, la 2nde appartient à Mr Béral, peut-on y trouver une symbolique ?
Pierre Seillant : Non absolument pas, Mr Béral a pris la place de parking que j'avais avant, c'est moi qui me suit décalé d'un rang. Il n'y a aucun symbole à voir là dedans.

Prof : Avez vous parfois l'impression de vous battre contre des moulins à vent quand vous exposez haut et fort vos désaccords réguliers par rapport aux décisions et au fonctionnement de la LNB ?
Pierre Seillant : Non pas tellement, il ya des intérêts divergents, on se bat contre d'autres intérêts mais chez nous c'est pareil, c'est la majorité qui l'emporte, moi quand je vois qu'il y a des gens qui ne sont pas tellement d'accord avec un projet que je présente ou qu'un de mes amis présente, on le retire, vous savez, les décisions qu'on prend sont pratiquement toutes à l'unanimité.

Prof : Quelles sont vos idées et vos principes de travail dans l'intérêt du basket hexagonal ?
Pierre Seillant : Il faut faire abstraction de ses intérêts particuliers et promouvoir le basket sous toutes ses formes, que ce soit dans les salles ou dans la rue, il faut essayer d'occuper un petit peu mieux le terrain, on doit lutter contre les autres sports pour garder notre espace voire l'améliorer et puis il faut porter la bonne parole là où elle doit l'être, dans les écoles, dans les clubs, dans les C.E. Ce sont des idées bateaux mais qui ont toujours libre cours il n'y a pas 50 manières d'agir pour le basket, il faut aller dans le bon sens, si on se tire dans les pattes on n'avancera pas. Je dis que l'intérêt général doit primer les intérets particuliers ; aujourd'hui par exemple l'intérêt de Pau Orthez aurait été de conserver le ranking pour l'Euroleague, mais à ce train là Villeurbanne et nous on aurait été toujours en Euroleague, Villeurbanne s'est abstenu, moi j'ai voté pour le changement, pour que le ranking ne serve que pour une équipe en France, pas pour deux, je me suis assis sur mes idées et je me suis rallié à l'intérêt général.

Prof : Didier Gadou vous rammene une lampe magique echouée sur une plage landaise. Vous avez 3 souhaits à formuler pour l'EBPO. Quels sont-ils?
Pierre Seillant : Tout d'abord que je garde la santé pour que je puisse continuer à m'occuper du club, puisque chacun s'accorde à dire qu'est-ce qui va se passer quand Seillant partira, je répondrai que personne n'est irremplaçable, que les cimetières sont pleins de gens comme ça et que ça avance ailleurs, plus ou moins bien mais ça avance et ça avancera que je sois là ou pas là. Ensuite qu'on puisse toujours avoir un budget qui nous permette de rester parmis les meilleurs en France, au moins, et de pouvoir participer à l'euroleague en sachant qu'il sera très difficile d'aller au final four, car là après il faut des moyens bien supérieurs aux notres. Et le troisième voeux serait qu'on continue de voir venir chez nous des jeunes de 13 - 14 ans, comme c'est le cas depuis deux ans pour pouvoir en faire des professionnels plus tard et avoir ainsi un vivier naturel.

Prof : Si un jour un coach vient postuler au club et vous parle de "projet de jeu". Quelle est votre 1ere réaction ?
Pierre Seillant : Moi je lui parlerai de projet de vie.

Prof : et la seconde ?
Pierre Seillant : Il n'y aura pas de seconde réaction.

Prof : Y a-t-il un joueur qui n'a jamais porté le maillot de l'Elan, qui aurait pu venir à l'Elan, et que vous regrettez de ne pas avoir recruté ?
Pierre Seillant : Ah ça c'est une bonne question, à une certaine époque j'aurais bien aimé avoir Eric Beugnot, ça c'était dans les débuts, dans les années 75-80, maintenant il y a un joueur qu'on a eu mais qu'on n'a pas pu garder c'est Marcus Brown. S'il y a un joueur que j'aimerais voir revenir pour jouer avec nous c'est Marcus Brown. Pour moi c'est le plus fort de tous.

Prof : A quelle date est prévue l'inauguration de la salle Pierre Seillant à Orthez ?
Pierre Seillant : Elle a été repoussée, elle était prévue le 25 septembre mais les travaux ont pris du retard (trois semaines à un mois)

Prof : Un match amical avec l'Elan est-il prévu pour l'occasion?
Pierre Seillant : C'était prévu pour le 25 mais là ça va être plus difficile. On essaiera de trouver dans l'année une ou deux dates pour y faire des entraînements. Et pourquoi pas y faire un match amical pendant la saison, contre une équipe qui voudra bien venir à ce moment là. La difficulté, c'est que les calendriers sont très chargés. Mais on fera un match à Orthez tôt ou tard.

Prof : On n'a pas vu de fête organisée pour les vingt ans de la victoire de la Korac en Mars dernier...
Pierre Seillant : On ne pouvait pas, on a fêté l'année avant, les 25 ans de présence en coupe d'europe. Là on en était à un rythme de trois matchs par semaine pratiquement et on n'a pas eu le temps de s'en occuper non plus. On a fait beaucoup de fêtes ces trois dernières années, ça nous a coûté pas mal d'argent, entre les 20 ans de Didier au club et les 25 ans de participation aux coupes d'Europe, c'est pour moi plus important que de fêter la Korac, par contre pour les trente ans on fera peut-être quelque chose.

Prof : Après le couac du recrutement de Sciarra il y a 3 ans, il y a eu un froid avec A. Larrouquis, intervenu en qualité d'agent. Etes-vous réconciliés ? Travaillez-vous avec lui ?
Pierre Seillant : Oui, il a Foirest avec nous, il a Fauthoux aussi. C'est tout pour l'instant.

Prof : Tous les champions de France de ces trente dernières années ont tous disparu de la course au titre, après leur titre, soit durablement, Berck, Tours, Limoges, Antibes, soit momentanément, Le Mans avant ces dernières saisons, Paris et l'Asvel hors play-off cette année. Seul l'Elan Béarnais est toujours resté en haut de l'affiche. Quel est votre secret ?
Pierre Seillant : C'est beaucoup de choses, c'est le travail, c'est l'intuition, c'est l'ambition, c'est être aussi un peu visionnaire, il fallait penser au Palais des sports il y a 15 ans. Il y a aussi le dévouement. En tout cas on ne réussit pas sans le travail, et je pense qu'on travaille peut-être plus et mieux que d'autres. En tout cas ça été le cas jusqu'à maintenant. Et si on parle de Villeurbanne et Paris, ils n'ont gagné qu'un titre en vingt ans.

Prof : Comment se passent vos fameux coups de gueule ?
Pierre Seillant : Ca c'est comme les recettes de chef ça ne se divulgue pas. Il faut en garder le secret.

Prof : Est-ce que vous détruisez tout dans le vestiaire ou êtes-vous plutôt calme physiquement mais violent dans vos paroles ?
Pierre Seillant : Je suis très calme, je ne suis pas violent mais je dis des choses qui portent, j'appuie là où ça fait mal.

Prof : Enfin dernière question, de suffragette : A quoi ça sert de klaxonner quand on arrive à un péage et qu'il y a 2 trainards devant ?
Pierre Seillant : C'est pour moi ça ?

Prof : Oui
Pierre Seillant : J'ai klaxonné un jour ?

Prof : En tout cas, elle m'a dit vous avoir surpris à le faire il n'y a pas très longtemps.
Pierre Seillant : C'est possible, parce qu'il ya des gens qui sont empotés comme tout, au lieu de prévoir l'argent pour payer, ils mettent deux ou trois minutes pour le trouver, sortir le porte monnaie, prendre le ticket et la monnaie et ça m'agace parce que moi je fais en sorte de passer assez vite pour ne pas gêner ceux qui sont derrière. Le but de l'autoroute c'est de ne pas perdre trop de temps et surtout certains ne font attention à rien, lorsqu'on vient au péage pour payer deux euros et qu'on sort un billet de 50 euros ça m'énerve.

C'est ainsi que se termine cette interview, l'une des plus longues que j'ai réalisées cette année, je tiens à remercier une fois de plus Pierre Seillant de m'avoir accueilli dans son bureau, et je peux témoigner des bonnes relations entre lui et A. Larrouquis puisqu'ils ont échangé quelques mots à la fin de l'interview...
Cette interview est la dernière de la saison, le mois prochain je vous proposerai une présentation de quelques membres du staff technique de l'Elan parmi les moins connus...

Prof