Interviews

Après la "demi-interview" de Laurent Foirest, c'est Laurent Mopsus, qui, au pied levé a accepté de répondre aux questions de prof et du staff du site www.pau-orthez.com qui par manque de temps ont remplacé les forumers

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Prof : Tout d'abord, je démarre toujours mes interviews ainsi : Utilises tu Internet ?
Laurent Mopsus : Oui.
Prof : Que fais-tu exactement sur Internet ?
Laurent Mopsus : Déjà pour mon boulot, recherche de stats, de résultats d'équipes, chez moi pour mes besoins personnels questions basket, aller chercher des fiches techniques, forums de basket, essentiellement pour le basket.
Prof : Connais-tu le site www.pau-orthez.com ?
Laurent Mopsus : Je n'y suis jamais allé, on m'en a parlé mais, ces forums là j'évite souvent d'y aller parceque parfois il se dit tout et n'importe quoi. La parole est laissée à tout le monde, tout le monde a le droit de s'exprimer, mais d'après les échos que j'en ai il y a des constats qui sont désagréables donc, pour me préserver j'évite pour l'instant d'y aller, mais j'irais.
Prof : Là tu parles du forum mais la question portait sur le site plus généralement, où seuls les responsables écrivent sur les différentes équipes de l'Elan...
Prof fait alors une petite explication sur la différence entre le site et le forum, les deux étant souvent confondus chez les différents interlocuteurs qu'il a pu rencontrer...
Laurent Mopsus : Ben, le site non plus je n'y suis jamais allé, mais promis j'essaierai d'y aller...
Prof : Passons à toi, peux-tu te présenter en quelques mots, pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?
Laurent Mopsus : Je suis originaire de Sérignac sur Garonne, un petit village de la banlieue d'Agen, à une dizaine de km d'Agen, j'ai un cursus universitaire de prof de sport, j'ai été prof de sport à la chambre des métiers d'Agen, j'ai obtenu mon BE2 en 2001. J'ai commencé le basket à Sérignac sur Garonne, à l'âge de 16 ans je suis partie en Cadets à l'INSEP, en 1988, ensuite j'ai intégré la Nationale 2 (qui depuis s'appelle Nationale 1) à Valence-Condom, sous la houlette d'Yves Baratet, où je suis resté 4 ans, à l'issue de ça, comme j'avais beaucoup de km à faire entre l'université et le club de Valence, j'ai choisi de faire une croix, ponctuellement, sur le basket, et de me consacrer à mes études, je suis donc revenu à Agen, près de chez moi pour passer ma licence et une partie de ma maîtrise, j'ai intégré l'Equipe de France militaire (Bataillon de Joinville) en 1996, tout en restant licencié à Agen, j'y suis arrivé en 1992, en N4, on est monté jusqu'en Nationale 2, j'ai pu rencontrer Pau à plusieurs reprises, en Coupe du Sud-Ouest que l'on gagne, je crois que c'était en 1998, on a aussi rencontré les Pros en Coupe de France en seizième à Agen en 1997. J'ai arrêté ma carrière de joueur il y a deux ans, j'ai eu une année d'aprentissage de coaching à Langon en Nationale 3, on s'est maintenue en Nationale 3 avec l'équipe la plus jeune et la plus petite en taille de la poule.
Prof : Comment devient-on assistant de Didier Gadou ?
Laurent Mopsus : Je pense que ce qui m'a aidé c'est d'avoir terminé major de ma promotion, même si un diplôme sans expérience, de nos jours ne sert pas à grand chose, deuxièmement, en tant que prof de sports, j'ai un profil assez complet, et puis je suis d'ici, j'ai des attaches particulières, je connaissais Freddy Fauthoux et Laurent Foirest, et je pense que Didier m'a choisi pour des qualités de technicien,complémentaires aux siennes.
Prof : Quel est ton rôle exact dans le staff de l'Elan ?
Laurent Mopsus : Un, Didier s'occupe de l'équipe de l'Elan, moi je m'occupe de l'adversaire, Il y a un gros visionnage de vidéos et un montage vidéo, une analyse de l'équipe adverse concernant les schémas utilisés, les schémas offensifs et les défenses, ensuite, on communique beaucoup sur les entraînements, comment je vois les choses, qu'est-ce-qu'il faudrait travailler. J'ai en charge la préparation physique, les étirements, une partie des entraînements sur les situations de techniques individuelles. Et pendant le match , j'ai un oeil extérieur, je communique beaucoup avec lui, pour lui dire ce que je vois , ce que l'on fait de bien ou de moins bien, et les stratégies de l'équipe adverse, qui nous sont proposées à l'instant t, après on communique, il y a un échange qui doit être bref et précis pour trouver la meilleure des solutions.
Prof : As-tu une explication sur les résultats actuels ?
Laurent Mopsus : Je pense qu'on a une équipe formée sur le tard, on a beau le dire, mais c'est réellement vrai, d'une part. Ca ne fait que trois semaines, un mois qu'elle est complète, depuis l'arrivée de Julius N'wosu, il y a eu beaucoup de blessés, une méconnaissance, de la part de certains joueurs de l'Euroleague, ce qui veut dire, que l'enchaînement des matchs est difficile à supporter pour certains, sur le plan physique mais aussi sur le plan mental. Puisqu'il faut être psychologiquement prêt à tous les matchs. Et je pense qu'on a une équipe à réactions, qui a besoin de se faire souffler dans les bronches pour rebondir. Le problème c'est qu'on ne peut pas souffler dans les bronches en permanence parceque sinon, c'est comme les discours monocorde, que ce soit pas assez violent ou trop violent tout le temps. C'est une équipe toute neuve et qui a besoin de se prendre en charge pour mieux se connaître, il y a des choses qui se passent en interne, il y a plus de communications qu'avant, ça a beaucoup progressé. Ca parait incompréhensible de l'extérieur, même nous, il y a des choses qu'on ne comprend pas, comment on peut être brillant sur un match et totalement absent sur un autre. Je crois que c'est une inexpérience de l'Euroligue, d'une part, un manque de vécu de la part du groupe et puis le fait d'être attendu partout, puisque le club, et non pas l'équipe, est champion en titre. Les joueurs ont du mal à s'identifier à ça, 8 nouveaux joueurs, c'est important, par exemple, un ASVEL,-Pau de la semaine dernière n'avait pas la même saveur pour certains puisqu'ils ne connaissaient pas le passé historique de ces deux clubs en championnat.
Prof : Penses-tu qu'il y a eu une accumulation d'erreurs depuis le début de la saison ?
Laurent Mopsus : Des erreurs on en a tous commises, même nous, si on a changé certaines chose déjà, commele remplacement de Dzenan Rahimic par Julius N'wosu pour avoir plus d'impact intérieur notamment défensif, ça je crois que c'est très positif, après des erreurs, je pense que c'est l'avenir qui le dira, c'est vrai qu'on gagne des matchs à l'arrachée, mais j'espère et finalement l'équipe montre qu'elle a du sang froid, puisque c'est quand même le troisième match qu'on gagne comme ça dans les derniers instants. Des erreurs, je pense que tout le monde en a fait, mais le groupe a de la qualité et il faut le laisser vivre, mais c'est vrai qu'on est dans une situation où il faut gagner des matchs.
Prof : Un changement d'entraîneur a-t-il été évoqué ?
Laurent Mopsus : Non. Ca n'a jamais été évoqué.
Prof : As-tu le sentiment que le message coach -> joueur passe bien ? ( de l'extérieur on a l'impression que non)
Laurent Mopsus : C'est notre principal soucis, entre les stratégies adoptées et les répercussions sur le terrain, parfois il ya de gros écarts. Le groupe est ainsi fait que parfois donner des consignes ne suffit pas, il faut trouverle moyen de stimuler ces joueurs là de manière différente, il ne suffit pas de dire à un joueur, attention, ce joueur là est adroit à 3 points, il faut l'empêcher de tirer à 3 points, pour que ça fonctionne. Il faut stimuler les gars d'une manièretrès différente de ce qui a été apparemment fait jusqu'à présent, parcequ'encore une fois, l'équipe manque de vécu, donc nous aussi on a du mal à la connaître et je pense qu'il y a aussi un manque de responsabilisation individuelle du joueur par rapport à l'échéance et par rapport au joueur qu'il a en face. On cible certaines choses et ne serait-ce que le fait de les cibler, ça devrait donner beaucoup d'indications aux joueurs de manières à mieux aborder la rencontre et on s'aperçoit que ça suffit pas. On est là pour apporter pas mal de choses, beaucoup de solutions, mais on ne peut pas tout apporter, il faut à un moment donné, un minimum de responsabilisation, ne serait-ce que dans l'intensité mise dans les rencontres.
Prof : Quel est ton avis sur les prospects de l'Elan (Petro, Cissé, Aka) ?
Laurent Mopsus : Ce sont des jeunes qui arrivent de l'INSEP, qui sortent d'un cocon et qui découvrent le monde professionnel, même si c'est un peu différent pour Johan, ce sont des jeunes qui sont des gros prospects apparemment, à ce qu'on en dit, tout le monde en parle et le problème c'est ça. Ils ont du mal à gérer, je pense, l'hypermédiatisation, lorsqu'ils font de bonnes choses, on les encense, ça se dit partout, et juste derrière, il y a la force mentale qui redescent, parcequ'ils sont jeunes, parcequ'ils manquent d'expérience. Ils doivent apprendre que le basket est à l'image de la vie de tous les jours, il n'y a aucun cadeau de fait, par personne et encore moins par nous, les coaches. Ils doivent se battre tous les jours, deux fois plus que les autres, pour pouvoir avoir du temps de jeu, il faut qu'ils apprennent la vie à travers le basket, et la vie, ce n'est pas parcqu'ils s'appellent Pétro, Cissé ou Aka, que ça suffit. Dire qu'on a des qualités, c'est un fait, pouvoir l'exploiter c'est une chose, mais le faire de manière permanente et en plus dans le club champion de France, c'est pas donné à tout le monde. Encore une fois ils sont dans le club Champion de France et il faudrait qu'ils s'en rendent compte. C'est une chance qu'ils ont de jouer, à leur âge, il faut regarder dans le championnat les autres équipes qui font confiance à des jeunes de dix-huit ans, et là c'est le club Champion de France qui leur fait confiance. On est dans une situation difficile, on ne gagne pas les matchs facilement et ils ont du temps de jeu quand même. Mais c'est vrai que ce n'est pas parcequ'ils jouent un match qu'ils joueront tous les matchs. Il faut qu'ils prouvent à l'entraînement, pour pouvoir jouer, et une fois qu'ils jouent, prouver qu'ils ont les qualités nécessaires pour qu'on puisse leur faire confiance en match.
Prof : Quel est ton pronostic perso pour le titre de Champion de France ?
Laurent Mopsus : Le Mans est une grosse équipe, ils ont la même ossature depuis 2 ans, ils ont rajouté Skellin en plus, je les vois pas loin, je pense qu'il faudra se méfier de Villeurbanne aussi et puis nous si on arrive à progresser dans le domaine défensif. Parceque c'est là qu'est notre principal soucis, j'espère bien qu'on va se mêler à la bataille. Et de toutes façons on fera tout pour. C'est vrai qu'on a du mal à enchainer les matchs mais je crois que sur ce qu'on a montré en Euroleague on peut encore faire peur, et on doit refaire peur. On ne fait plus peur à qui que ce soit actuellement, j'espère que l'équipe justement, se forme au travers de déconvenues, de victoires à l'arrachée, et que ça nous permettra de rebondir en fin de championnat, en espérant que cette nouvelle formule nous sourira.
Prof : C'est vrai que la nouvelle formule, peut être plus bénéfique que l'ancienne pour un club qui peine en phase régulière...
Laurent Mopsus : Nous on va s'en satisfaire, puisqu'on est actuellement neuvième, il n'y a rien de fait pour les play-offs, il y a des équipes derrière, mais l'objectif est de se rapprocher des 4 premières places. La phase retour sera impoprtant puisqu'on reçoit les grosses équipes (Le Mans, Paris, l'ASVEL, Nancy) Donc remonter vers les quatre premiers, en faisant attention aussi, puisque les quatre premiers attendent 15 jours avant les play-offs. Il faudra voir les effets de cette période de trève là, de toutes façon on va travailler, trouver une défense cohérente, il y a du mieux, même si on prend 80 points contre Roanne, mais si on regarde bien, on a dominé en terme de points intérieurs, en terme de rebonds, ce qui ne s'est pas vu souvent contre une équipe de grande taille, mais c'est vrai que maintenant les équipes nous tiennent parcequ'elles mettent des tirs à 3 points et des tirs extérieurs. Si on continue comme ça c'est que les équipes commencent à reculer un peu, donc si on continue à cadenasser l'intérieur, ce que l'on n'a pas fait contre Villeurbanne et qu'on aurait dû faire, si on arrive à défendre plus dur sur les extérieurs, en espérant qu'ils n'aient pas autant de réussite que samedi, on va recommencer à faire peur défensivement, et ensuite, offensivement il y a des réajustements à faire de manière à fatiguer encore plus. On est dans le vrai, même si ça ne se voit pas et qu'on se fait des frayeurs.
Prof : Et pour l'Euroleague, quel est ton pronostic ?
Laurent Mopsus : Moscou se qualifiera pour le Final Four, et à domicile ce sera difficile d'aller les chercher, mais j'ai un petit faible pour le Maccabi. Je pense qu'ils peuvent faire le doublé, mais c'est vrai qu'à Moscou, ça va être difficile d'aller les chercher, on a vu l'année dernière, en demi-finale, Maccabi-Moscou se joue à rien du tout mais c'est vrai que quand il y a tout un peuple derrière vous ça aide.
Prof : Tout à l'heure tu parlais du passé en championnat des Villeurbanne - Pau qui n'avaient pas beaucoup été vécus par les joueurs, là il va y avoir une nouvelle affiche qui s'annonce en Coupe de France...
Laurent Mopsus : C'est à peu près la même chose hormis le fait que Thierry Ruppert a joué à Limoges, on a les anciens, Fauthoux, Foirest, Drozdov et Thierry Gadou qui connaissent, ça fait 5. C'est une superbe affiche qui rappelle les rivalités sportives d'antan, et les affiches d'antan. Nous on ne cache pas que la Coupe est l'un des principaux objectifs avec le championnat, on va y aller pour faire un résultat de toutes façons, il n'y a pas de secret, une N1 contre une Pro A, même si Beaublanc va être plein à craquer sûrement, c'est un des objectifs du club, il faut qu'on y arrive.
Prof : Dernière question, lors d'une soirée à Pau Nord-Est, Freddy a dit que l'une des conditions de son départ pour l'INSEP fût à l'epoque, que tu y ailles aussi...
Laurent Mopsus : C'est vrai, ce qu'il y a pour la petite anecdote, c'est qu'on a joué ensemble en sélection Aquitaine, on a été champion de France deux fois, on est né le même jour et la même année à un quart d'heure d'intervalle, on a deux enfants garçons et filles qui sont très proches aussi, et on s'est retrouvé à l'INSEP. Il faut savoir qu'à la sortie de l'INSEP j'aurais pu signer à l'Elan en Espoir, mais à l'époque je ne voulaius signer qu'un an, puisque je pensais qu'avec ma petite taille j'avais très peu de chances de finir sportif de haut niveau, basketteur de haut niveau, à l'époque il y avait des Demory, des Bressant, des Soulé, mais pour moi à 1m78 officiellement ( c'est un peu moins officieusement), je pensais pas pouvoir, pas par manque d'ambition, mais je voyais que j'étais bien moins fort que Fred, j'ai pris l'option de privilégier mes études. C'est vrai que j'ai un cursus particulier, j'ai été international Militaire, je me retrouve dans le wagon du haut niveau quand même. Mais c'est vrai qu'on était très proches.

Voilà donc une interview qui vous aura permis de mieux connaître celui qui est aux côtés de Didier Gadou. La prochaine interview sera consacrée à un joueur de l'équipe, une mais nous vous en dirons plus sur le forum, pour que vous lui posiez vos questions...

Prof