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Voici l'interview d'Eric Girard, coach de Strasbourg (Pro A). Cette interview a été réalisée le 22 juillet, durant la matinée, à l'occasion du tournoi de préparation au Championnat du Monde, à Strasbourg, plus précisément dans la pièce la plus fraiche du Rhénus : la salle de conférence de presse.

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Prof : Eric, première question, est-ce que vous pensez que la perte du titre et de l'Euroleague risque d'être un coup d'arrêt pour la sig?
Eric Girard : Non un coup d'arret non, ça nous ralentit par rapport à cette très grosse dynamique qu'il y a depuis 2 ans mais un coup d'arrêt pas du tout. Dans le sens où ce n'était, je crois, pas prévu qu'il y ait ni un titre aussi rapidement ni une participation en euroleague, parce qu'il faut quand même se rappeler qu'il y a 4 ans le club était à la porte de la pro B donc euh la progression est là ça nous ralentit un petit peu parce que comme tout le monde le sait la non participation à l'euroleague nous enlève une somme sur le budget qui est quand même relativement importante mais je crois que les dirigeants ont très bien travaillé pour combler une partie de cette somme donc on est un petit peu ralenti par rapport à la vitesse que l'on avait pris ces derniers temps mais sinon pas plus que ça. C'est surtout pas un coup d'arrêt non.

Prof : Est-ce que vous pensiez que défendre le titre et jouer l'euroleague serait aussi compliqué ?
Eric Girard : Oui bien sûr ça a été très difficile surtout pour un club, pour un staff, et des joueurs qui n'en avaient pas spécialement l'habitude puisque, le club n'avait jamais été champion, moi et mon staff on n'avait jamais été champion, quasiment aucun des joueurs n'avait été champion et à part 2-3 personnes qui avaient fait l'euroleague à cholet, donc on savait que tout ça ça allait être très très difficile. Il nous a aussi manqué sans doute un petit peu d'expérience dans certaines occasions mais on n'a pas eu de surprises à ce niveau là, on savait que ça allait être difficile et ça l'a été même si je crois qu'on a plutôt bien défendu nos chances et en euroleague même si on ne s'est pas qualifié je crois qu'on était très très proches de passer, et en championnat de france on a fait les mêmes résultats puisqu'on a eu le même nombre de victoires cette saison que l'année du titre.

Prof : A propos du niveau de l'euroleague, est-ce que vous avez été impressionné par le niveau ? Ou est-ce que c'était à peu près ce à quoi vous vous attendiez ?
Eric Girard : Je ne suis pas impressionné parce que c'est une compétition que je suis tous les ans, à laquelle j'ai participé avec Cholet et déjà avec Cholet y'avait des joueurs comme Kirilenko, et d'autres dont beaucoup sont aujourd'hui en NBA donc impressionné non ce qui est difficile à gérer c'est un peu le cumul des 2 matchs pour des équipes comme nous qui n'avons pas obligatoirement le même potentiel physique et atlhétique et de qualité de nombre mais impressionné non, c'est un très très bon niveau, c'est vraiment une compétition enrichissante à faire mais bon voilà ça en reste là et je crois qu'on y reviendra à un moment ou un autre.

Prof : Et à propos des nombreux départs est-ce que vous pensez qu'ils ont un lien direct avec les pertes de titre et d'euroleague ou pas ?
Eric Girard : Euh pff oui direct ou indirect dans le sens où généralement après un titre c'est toujours difficile de garder les joueurs, là on a eu avec l'euroleague une masse financière plus importante qui nous a permis de garder certains joueurs en sachant surtout qu'après dès notre arrivée la 1ère année pas mal de joueurs avaient signé pour 2 ans, Ricardo Greer par exemple, Aymeric Jeanneau certains joueurs majeurs étaient sous contrat pour 2 saisons c'est vrai qu'après la 2ème année, le budget baissant, on n'a pas pu "satisfaire" une partie des joueurs qui souhaitaient des émoluments un peu plus importants, au vu de leurs bonnes performances passées à Strasbourg et c'est la loi du marché hein je crois que quand des joueurs comme Ricardo, comme Aymeric, tous ces garçons qui ont fait des excellentes saisons et qui ont amené le club là où il est aujourd'hui en termes de résultats quoi et bien ils ont pu trouver des clubs à l'image de Pau-Orthez qui ont quand même plus d'expérience qui ont une masse budgétaire quand même plus importante et qui ont pu s'ouvrir à leurs ambitions sportives et financières que l'on pouvait peut-être pas obligatoirement rivaliser...

Prof : Est-ce que vous êtes finalement ou non déçu du départ de vos joueurs fétiches surtout chez les concurrents directs comme l'asvel ou pau ?
Eric Girard : Oui mais je crois que ça fait partie de notre milieu, je crois qu'il faut retenir que ces joueurs ont toujours donné le maximum pour le club et bien sûr pour moi qui les ai recrutés, je suis quelque part bien sûr un peu déçu parce que quand on perd des bons joueurs, mais bien sûr c'est pas la 1ère fois, je crois que tous les clubs, je pense à Drozdov qui part de Pau, Pau aurait sans doute souhaité le garder, bon ben voilà y'a aussi la conjoncture actuelle qui fait que d'autres pays ou d'autres clubs peuvent faire mieux donc oui je suis un peu déçu qu'ils partent mais je suis assez fier que des garçons, encore une fois comme ces joueurs qu'on vient de citer comme d'autres, trouvent des challenges à leur convenance. Bon je me rappelle Ricardo quand il est arrivé, au Havre il y a quelques années, et bien quand on le voit maintenant signer à Pau-Orthez un des meilleurs clubs français, avec des émoluments importants hé bien je crois que c'est une belle réussite pour lui, c'est une belle récompense pour lui, donc je suis content par rapport à ce qu'il a pu faire avec nous et je suis content pour lui parce qu'il le mérite, Aymeric Jeanneau je crois que notre destin n'était pas lié à vie, je crois qu'on s'est séparé une première fois de Cholet, ensuite on s'est retrouvé au Havre, ensuite on a été à Strasbourg , là je pense qu'on a, qu'il a plus que bien fait son travail, il a eu envie d'avoir un challenge un petit peu différent, je voulais surtout pas interférer dans sa décision parce que j'avais peut-être les moyens de le persuader de rester mais je ne voulais pas qu'il puisse par la suite regretter quoi que ce soit donc il fallait absolument qu'il prenne sa décision pour lui, pour sa famille, c'est ce que je lui ai dit et il l'a pris je pense en pesant le pour et le contre et je lui souhaite bien sûr comme à tous les autres joueurs vraiment une très bonne chance et une très bonne saison à venir mais vous savez ce qui se passe aujourd'hui c'est qu'on se sépare et qu'on se retrouve je crois que ce qui est le plus important c'est de garder le respect et pas oublier ce qu'on a fait les uns pour les autres et moi je suis pas prêt d'oublier ce qu'on fait tous les joueurs depuis 2 ans que je suis à la SIG, tous les joueurs que j'ai pu faire venir ici, d'ailleurs la preuve c'est Afik Nissim il était là la 1ère année, il est parti l'année dernière et puis on le récupère donc voilà c'est la vie qui veut ça et quelque part c'est pas plus mal

Prof : A propos d'Aymeric justement, petite question, parce que depuis le temps qu'il vous connaît, Cholet, Le Havre, Strasbourg, il doit connaître pratiquement toutes vos tactiques ?
Eric Girard : Vous savez, on est un peu comme les instituteurs ou les professeurs, du moins je l'espère, année après année on ne reprend pas nos anciennes copies pour refaire les mêmes choses, je crois qu'on s'adapte, on modifie, si là on voit des choses intéressantes par exemple pendant le tournoi de l'équipe de France à Strasbourg avec d'autres nations qui sont vraiment intéressantes aussi donc d'une année à l'autre y'a toujours une philosophie qui est assez commune mais par contre l'aspect stratégique, l'aspect sportif en lui même n'est bien sûr pas identique d'une année à l'autre, parce que les joueurs ne sont pas les mêmes, parce que les adversaires ne sont pas les mêmes, parce que la situation n'est pas la même, donc vous savez c'est pas parce qu'on connaît bien un joueur ou qu'un joueur connaît bien un coach que ça peut être peut-être un avantage par moment, mais c'est pas ça qui pèsera très lourd lors de notre rencontre entre Strasbourg et Villeurbanne.

Prof : Il ne faut pas s'attendre donc à ce que l'ASVEL réussisse à faire déjouer la SIG grâce à ça a priori ?
Eric Girard : On verra, on verra les résultats qui viendront, mais vous savez si chaque coach qui connaît bien un joueur ou vice-versa arrivait à maîtriser l'un ou l'autre, j'ai bien connu Germaine Guice puisqu'il a commencé en France avec moi au Havre, ça ne l'a pas empêché l'année dernière de faire un très bon match contre nous bon donc voilà, on arrive des fois à maîtriser certaines choses mais pas tout non plus.

Prof : Et justement, vous parliez tout à l'heure du tournoi, de vous inspirer éventuellement de tactiques que vous pourriez voir mais je voulais juste vous demander moi, plus spécifiquement si vous allez en profiter pour repérer éventuellement des joueurs ?
Eric Girard : Bah vous savez les joueurs de l'équipe de France je prendrai bien le premier qui veut venir, quel que soit le poste, l'âge ou le CV ... mais je crois que c'est malheureusement impossible et dans les autres équipes je crois que la Lituanie c'est exactement pareil ce sont des clubs qui sont intouchables, des joueurs qui sont intouchables pour nous, quant aux joueurs chinois, les joueurs qui ont vraiment un potentiel intéressant, même si y'en a beaucoup, je crois que c'est pareil, c'est des joueurs qui sont considérés comme étrangers et c'est très difficile, après y'a les joueurs sénégalais qui sont un peu plus, pour certains on va dire, un peu plus abordables, parce que y'en a aussi qui jouent dans des très très très grands clubs, mais bon c'est intéressant de regarder un petit peu, tout ça, de prendre des contacts, de voir, surtout ce qui est intéressant c'est de voir un petit peu les différentes philosophies des staffs et des manières de travailler et aussi un petit peu du basket proposé.

Prof : Pas de piste de recrutement ?
Eric Girard : Pas spécialement, même si on a encore besoin de 3 joueurs mais on a les yeux ouverts sur tout ce qui peut éventuellement nous intéresser, être abordable pour nous aussi quoi.

Prof : Tout à l'heure vous avez évoqué le retour d'Afik Nissim, est-ce qu'il y a d'autres noms que vous pouvez citer ou pas ?
Eric Girard : Non je crois que tous les joueurs qu'on a signé pour l'instant, je crois qu'ils ont été tous communiqués, Cooper que vous connaissez très bien, on est très content de l'avoir chez nous, je crois que pendant un moment d'ailleurs Pau souhaitait le garder,

Prof : Oui après finalement on a changé d'optique par rapport plus au style de joueur, l'homme au contraire est très apprécié
Eric Girard : Je crois que le joueur est un bon joueur aussi...

Prof : Oui c'est un bon joueur mais disons que par rapport justement à la philosophie de l'équipe...
Eric Girard : Du nouveau coach peut-être ?

Prof : Oui du nouveau coach mais surtout de l'équipe qui n'est pas la même non plus que cette année il ne se situe plus tout à fait dans les plans de l'entraîneur, ce style de meneur
Eric Girard : Oui Cooper Darrigand pour nous ça nous parait très très bien et surtout très complémentaire,

Prof : Darrigand aussi formé à Pau...
Eric Girard : Oui tout à fait, comme quoi quand on disait que Girard était contre-palois, ça montre bien que ce genre de choses n'est plus d'actualité aujourd'hui, non un Nissim comme 2 qui pourra joueur un petit peu 1, Smith comme shooteur pour remplacer Jeff Greer

Prof : Jeff qui part donc c'est officiel...
Eric Girard : Oui parce que bon il a aussi des prétentions financières un peu importantes donc on ne peut pas palier à tout ça

Prof

A ce moment de l'interview (après un petit quart d'heure) Eric est appelé à son bureau, il me laisse donc quelques minutes et revient un peu plus tard, nous allons encore discuter un quart d'heure et vous allez pouvoir suivre comme si vous y étiez cette discussion... dans la prochaine "interview"