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Dans le cadre de l'alternance que nous
avons instaurée, après Cyril Julian, voici un cadre de l'Elan Béarnais, en l'occurence le Président Alain Béral.
Cet entretien
a eu lieu au Palais des Sports de Pau avant la rencontre
E.B.P.O.- Zagreb.
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Prof : Merci de nous recevoir et de répondre aux questions de nos forumeurs. Cela fait maintenant un an que vous
êtes le président de l'Elan Béarnais, pourtant on vous connait peu. Pourriez vous vous présenter ?
Alain Béral : J'ai découvert l'Elan Béarnais en 83, et en 84 ils gagnaient la coupe Korac ce qui m'a aidé
à me plonger dans le basket, mes enfants y ont joué très tôt aussi. Comme je suis marié à une landaise,
je suis souvent dans les Landes, comme je suis marié à mon entreprise je suis souvent en déplacement et maintenant
mon investissement avec l'Elan fait que je reviens régulièrement sur Pau. D'un point de vue professionnel j'ai été le PDG
d'une entreprise de restauration rapide (Quick) que j'ai quitté suite à un désaccord avec les actionnaires . Je ne souhaitais
pas revenir sur mes convictions. Actuellement je dirige une autre entreprise de restauration rapide à la française,
La Brioche Dorée. C'est aussi une entreprise internationale.
Prof : A-t-il été facile de succéder a Pierre Seillant (par rapport aux gens du
club, aux échos des supporters...) ?
Alain Béral : Facile, je ne sais pas si c'est le mot, en ce qui concerne Pierre Seillant on a longtemps
discuté et je pense avoir été un de ceux qui l'ont convaincu qu'au lieu de passer la main il fallait qu'il soit encore plus
présent qu'avant. C'est pour ça qu'il a choisi de quitter les assurances pour s'investir à temps plein dans le club dont il
est désormais le directeur exécutif. Avant, Pierre Seillant avait toutes les responsabilités et se sentait un peu seul au
niveau du club, bien que les collectivités locales jouaient leur rôle. Aujourd'hui je préside le Conseil d'Administration et
nous prenons les grandes décisions ensemble. C'est lui qui est médiatiquement le plus exposé, moi je suis près de l'équipe
et de lui, on discute des grandes orientations ensemble, des budgets évidemment, avec les partenaires aussi, je me prends ma
part là dedans, essentiellement pour ceux qui sont nationaux et on discute avec les joueurs et je suis l'équipe ici à Pau et
aussi à l'extérieur où je m'investit alors que lui a décidé de moins se déplacer qu'avant.
Prof : A propops de l'organisation de votre travail à l'Elan, Combien de temps
par semaine consacrez-vous à la gestion du club? Les réunions se font plutôt au palais ou au téléphone?
Alain Béral : Les réunions se font ici (ndlr : l'interview a
été réalisée dans les bureaux du Palais des sports) à part celles de la Ligue qui ont lieu à Paris où je participe à
chaque fois que possible. On travaille aussi par téléphone, et je consacre la valeur d'environ une journée par semaine.
Prof :Quelles sont les décisions importantes
que vous avez prises concernant le club depuis un an de présidence ?
Alain Béral : La décision importante c'est d'abord celle concernant le budget, puisque c'est la première
qu'on prend à la fin de la "temporada" précédente pour la suivante et qui détermine le choix de recrutement et qui passe par
les objectifs de l'année suivante, donc cette année, on a dit "objectif Top16", ce qui implique un certain nombre de choses
en terme de recrutement. l'autre grande décision c'est la constitution de l'actionnariat, puisque c'est mon boulot, nous
avons pris la décisions d'augmenter le capital et je suis en train de travailler avec d'autres actionnaires à ça. Cela
devrait être fait avant la fin de la saison,mais c'est encore en travaux.
Prof : Y a t'il une réforme en préparation à
l'Elan sur la nature de la société Elan Béarnais, SEM aujourd'hui, SA demain (va-t-on évoluer vers une franchsie, comme le
fait l'asvel et beaucoup d'autre clubs européens) ?
Alain Béral : Non, il n'y a pas de réforme de la nature juridique de la société Elan Béarnais
puisque l'actionnaire principal (la Mairie de Pau) ne le souhaite pas. Concernant l'ASVEL, je ne sais pas ce qu'ils préparent
, une franchise c'est quelque chose de spécial. Je vois mal, aujourd'hui, l'ASVEL devenir une franchise. Pour Pau en tout cas
ce n'est pas le cas, nous restons avec la même structure qui nous laisse suffisament de marge pour l'instant
Prof :Claude Bergeaud a été nommé sélectionneur
national et va donc quitté ses fonctionc au sein de l'Elan Béarnais (Directeur du centre de Formation et scooting en Europe
entre autre), comment allez vous compenser son départ ?
Alain Béral : Nous sommes en train de rechercher un directeur pour le centre de formation, pour le
scouting, il sera fait par les gens du club puisqu'on ne va pas non plus recruter à l'infini. Les joueurs et les entraîneurs
se chargeront un peu de ça et de toiute façon Claude Bergeaud restera proche du club puisqu'il continuera d'habiter à Pau.
Même s'il ne travaillera pas pour le club, on pourra discuter avec lui d'un certain nombre de choses.
Prof : Quel est le budget du club ?
Alain Béral : Aujourd'hui, le budget dépend beaucoup des recettes mais il est de l'ordre de 6,5 Millions
d'euros
Prof : Une hausse significative du budget est-
elle prévue pour les saisons à venir ?
Alain Béral : Ca on le souhaite tous, pour l'instant on est en recherche. On a des limites qui sont dictées
par la position de la ville, on le voit en Euroleague où on est quasiment la seule non capitale du groupe. Les autres
équipes sont des capitales de Pays et nous nous sommes la capital du Béarn (ndlr : il semble que monsieur Béral
considère donc Barcelone comme la capitale espagnole...) En fait on est une ville moyenne et il nous est difficile
d'augmenter le budget, si on voulait être à l'aise il nous faudrait un million d'euros de plus, on les a pas pour l'instant,
on les recherche, on met en place des choses mais ce n'est pas facile...
Prof : Recherchez-vous actuellement un
partenaire principal de grande envergure ?
Alain Béral : C'est toujours en recherche, pour l'instant on en a un de pas mal, Quick et il est là
jusqu'à la fin 2005. C'est pas d'actualité de renoncer à Quick et eux ne veulent pas renoncer à l'Elan mais il va bien
falloir un jour les remplacer. Chercher un partenaire est un travail de tous les jours mais il n'y en a pas qui se présentent
chaque matin... Les mécènes dans le sport c'est fini pour tout le monde, ça n'a jamais été le cas pour Pau, à part une année
peut-être, ça c'est fini, ça n'existe plus, maintenant il faut des gens à qui on donne un retour sur investissement et qui
le calculent tous les jours.
Prof : Votre carnet d'adresse professionnel vous
aide t'il dans la recherche de partenaires ?
Alain Béral : Surement que ça aide, mais encore une fois, il ne suffit pas que les gens vous connaissent pour
qu'ils vous ouvrent leur portefeuille. Il faut qu'ils aient un intérêt à se trouver en visibilité avec le club et qu'ils
aient un retour sur investissemnt. Ce n'est pas parceque vous avez un carnet d'adresses que vous remplissez votre compte en
banque.
Prof : Les dirigeants de l'Asvel annoncent un
objectif de budget à 65 MF dans les années qui viennent. Cela vous parait-il réaliste dans le contexte (social, fiscal)
français ?
Alain Béral : S'ils font ça ce sera un événement, il faudra le regarder de près ce n'est jamais arrivé pour
personne en France en basket. Lyon est une ville de plus d'un million d'habitant et qui devrait pouvoir générer un budget de
plus de 60 Millions de francs. Ceci dit ce n'est jamais arrivé en France à part en foot. S'ils y arrivent ce sera un
événement qu'il faudra fortement analyser
Prof : On parle beaucoup du droit à l'image,
en attente d'une loi en France, pour augmenter la capacité des clubs à avoir de meilleurs joueurs (plus gros contrats). En
quoi cela consiste t'il ?
Alain Béral : C'est le droit que les joueurs ont de signer des contrats avec des sponsors et de travailler
pour eux, à la limite de monnayer leur image, au profit du sponsor en question. Là, il ya beaucoup de choses à dire car des
clubs se sont cru autoriser à signés des contrats et faire payer des salaires par des sponsors, alors qu'en fait le droit à
l'image il faut qu'il y ait une réelle contrepartie, réelle et sérieuse d'investissement du joueur dans l'entreprise en
question, ce qui n'est pas toujours le cas. Il risque donc d'y avoir quelques retours de flamme assez sérieux ou de lance-
flamme même ce qui ne sera pas notre cas puisqu'on n'a jamais abusé de ça. Par contre on est très attentif à une loi en la
matière parcequ'elle nous permettrait, si elle était assouplie, de profiter de ceci et de payer moins de charges sociales ce
qui, aujourd'hui sclérose pas mal les comptes du club.
Prof : La redistribution de l'argent par l'Uleb
aux clubs peut-elle changer au bénéfice des clubs français ?
Alain Béral : Déjà, l'argent de l'an dernier on ne l'a pas touché
entièrement, suite à un problème avec Telefonica, on nous a promis qu'on allait l'avoir bientôt. Au profit des clubs français
, c'est toujours pas ce qui a été décidé, il a été décidé un certain nombre de choses concernat les grecs, les israéliens et
les turcs je crois. Ca n'a pas encore changé, on espère que ça va changer mais pour l'instant il n'y a pas de signe positif
clair en la matière
Prof : Est-ce que le prix des places plein
tarif peut baisser ?
Alain Béral : Pour l'instant il ne peut pas baisser, parcequ'on est sur des équilibres très héphémères et que
les charges augmentent tous les jours. On n'a pas les moyens aujourd'hui de baisser le prix des places. On a un taux de
fréquentation qui est stable, légèrement à la baisse ce qui est le cas dans toutes les salles de notre niveau, moins chez
nous qu'ailleurs peut-être, on n'a pas les myens mais si on peut le faire on le fera.
Prof : Dans le contexte social et fiscal
actuel, le final four est-il utopique ou peut-il devenir possible pour l'Elan ?
Alain Béral : Pour nous aujourd'hui, il est utopique, c'est clair qu'on n'a pas le niveau des final four
aujourd'hui. Historiquement le Final four est toujours fait par des équipes du niveau de Barcelone, qui sont budgétairement
taillé au double de ce que nous avons nous. C'est à dire 3 millions d'euros de plus que ce que vous citiez tout l'heure pour
Villeurbanne. A moins d'une grosse surprise qui fasse que comme Kaunas il y a quelques années y était arrivé. C'est à dire
que le facteur chance joue plus que de coutume Je ne vois pas comment on pourrait aller au final four et surtout le gagner.
Maintenant, ceci dit, cela fait un moment que ce qu'a fait Kaunas ne s'est plus reproduit... On retrouve souvent les grosses
cylindrées sur la ligne d'arrivée et depuis quelques années se sont souvent les mêmes.
Prof : En cas de qualification au Top 16, ce
qu'on espère tous, est-il prévu l'engagement d'un gros joueur en plus ?
Alain Béral : On verra, on s'est dit avec Pierre seillant qu'on allait voir ce qui va se passer dans le
courant du championnat et on se réserve la possibilité, en cours de saison de pouvoir opérer un certain nombre de choses même
si notre marge de manoeuvre n'est pas très grande. A ce moment là, on sait que les joueurs sont moins chers...
Prof : Le club va-t-il continuer dans sa
politique de formation en recrutant des jeunes de 14-15 ans ?
Alain Béral :Je suis sur qu'on va le faire oui, c'est notre seule issue pour cultiver des talents. Comme
on ne peut pas les acheter quand ils sont mûrs, il faut tenter de les former pour les faire mûrir nous mêmes, et quand ils
sont mûrs ils partent à l'étranger ou aux Etats unis ce qui est aussi une gloire pour le club. Donc oui, on va continuer
notre politique de formation.
Prof : Est-il prévu une année de transition
avec beaucoup de place pour les jeunes dans l'équipe pro, comme on a eu il y a 3 ans ?
Alain Béral : Oui elle sera nécessaire, même si les succès obtenus lors de la précédente n'étaient pas
attendus, le facteur chance a joué
Prof : Y a t'il des pistes pour des jeunes
prospects à la rentrée prochaine ?
Alain Béral : Oui, mais je ne vous dirais pas lesquelles.(la
phrase se termine sur un sourire)
Prof : Que pensez vous de l'ambiance de la salle
de Pau, par rapport aux autres ?
Alain Béral : Là c'est très émotif, j'aime beaucoup la salle de Pau donc je n'ai pas una vis très "normal"
en la matière. Je la trouve trop timorée à certains moments, pas assez engagée derrière son équipe, comme on peut la trouver
dans des villes de province profonde française, où là il peut se passer ce qu'on veut, le public est sans défection derrière
son équipe. Chez nous ce n'est pas le cas. Il faut faire du très très bon jeu et avoir un adversaire qui lui même enflamme le
public pour que le déclic se produise. C'est dommage parceque l'équipe a besoin du public et elle est capable de beaucoup de
choses si elle sent derrière elle un soutient fort. De même que l'adversaire, quoiqu'on puisse en penser, même si c'est un
gros calibre, est souvent effrayé devant un public très engagé.
Prof : Utilisez vous Internet à titre personnel
?
Alain Béral : Ah oui je l'utilise très souvent...
Prof : Pouvez vous précisez l'utisation que vous
en faites ?
Alain Béral : C'est essentiellement de la recherche d'informations professionnelles. C'est pas du surfage
privé pour autre chose.
Prof : Connaissiez vous notre site
(www.pau-orthez.com) et son forum ?
Alain Béral : Je suis allé une fois sur le site, pour voir ce que c'était, mais pas sur le forum.
Prof : Avec la mise en place du PBC, le "Très
Haut Débit" arrive sur l'Agglo. Est ce que le club suit cette opération de près ?
Alain Béral : On est forcément connecté au très haut débit puisque notre service informatique est connecté
à la mairie, donc on en bénéficie et on trouve que c'est très intéressant. On suit ça de près...
Prof : Le club est-il associé à l'Agglo sur des
réflexions communes ?
Alain Béral : Non on ne peut pas dire ça.
Prof : Des possibillités nouvelles telles que la
retransmission par le net ont-elles déjà été évoquées ?
Alain Béral : Ce sont des choses dont on parle mais il n'y a pas encore assez de visibilité pour envisager
encore de façon concrète une diffusion par le net.
Prof :Est-ce qu'il est prévu quelque chose pour
le jour où Boris ou Michaël viendraient sur Pau ?
Alain Béral : Ce jour là on fera une fête, évidemment, s'ils viennent, et je pense qu'ils vont venir.
J'espère qu'il y aura encore des matchs chez nous puique leur calendrier est décalé par rapport au notre.
Prof : Comment voyez vous l'avenir du club d'
ici 10 ans , c'est à dire après un éventuel départ de Pierre Seillant ?
Alain Béral : C'est sur que Pierre Seillant ne va pas passer toute sa retraite au club. Il est clair que
le club ne fonctionnera pas dans les années à venir comme il a fonctionné dans le passé. Le club aura forcément quelqu'un à
demeure qui va le diriger. Si Pierre Seillant se retire dans quelques années, il sera remplacé comme directeur exécutif et il
y aura un président qui sera moi ou un autre qui assurera la supervision et la présidence du conseil d'administration. C'est
la structure qui a été choisie et qui sera pérennisée. Ensuite, à partir de là qu'est-ce-qui peut se passer pour le club ?
La seule chose qui peut nous arriver de bien c'est qu'une loi globale sur le sport favorise justement l'investissement sur
les joueurs par une baisse d'un certain nombre de choses et dans ce cas là l'Elan Béarnais sera le mieux placé pour en
profiter et bénéficier du ressort que ça va donner au sport. Parceque nous avons des structures très solides, un palmarès et
une place confirmée en Europe. Si on a les moyens de faire plus, c'est à dire d'avoir plus de joueurs sur le terrain de gros
calibre, alors là oui, on va pouvoir évoluer de façon significative.
Prof : Ne trouvez-vous pas lassant que tout le
monde appelle Seillant "prési" ?
Alain Béral : Pas du tout, Prési, c'est presqu'un surnom ou un pseudonyme pour lui, ça fait très longtemps
qu'on l'appelle comme ça. Vous savez que les anciens ministres on les appelle toujours Monsieur le Ministre. En tout cas moi
ça ne me gêne pas qu'on l'appelle "prési" ou président et je lui ai déjà dit souvent. Je ne suis pas quelqu'un qui marche
derrière son ego... Vous ne marcherez jamais sur Alain Béral en croyant marcher sur son égo.
Prof.
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